Delly Sesanga réagit à vifs aux déclarations du chef de l’État lors de son point de presse du mercredi 6 Mai dernier. Sur son compte X (anciennement Twitter), l’opposant à la tête d’Envol n’a pas tardé à qualifier ces propos de « manœuvre à découvert pour un troisième mandat par plébiscite ».
« Ce soir, les masques sont tombés. Félix Tshisekedi manœuvre désormais à découvert pour un troisième mandat par plébiscite. La RDC ne peut entrer dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir. Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive », a-t-il posté.
Sesanga invoque l’héritage de Patrice Lumumba : « ‘Le Congo est un grand pays’, disait-il. Il exige de ses dirigeants grandeur, dignité et responsabilité. Cela se mesure par le respect de la Constitution, des institutions et de la stabilité nationale, non par la recherche frauduleuse d’une prolongation des mandats. »
L’opposant rappelle les sacrifices de l’UDPS, parti au pouvoir : « Ces dérives, les fondateurs de l’UDPS les ont combattues hier ; nous les avons combattues ensemble, au prix de lourds sacrifices pour notre peuple. Une Nation ne se dirige pas par des discours, des promesses ou des plébiscites, mais par le respect de la parole donnée, des institutions et de la démocratie. »
Réactions et enjeux
Cette sortie de Sesanga, lu par des milliers d’internautes, fait écho aux craintes d’une crise institutionnelle dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité à l’Est et les tensions post-électorales de 2023. Des observateurs comme l’ONG Congo Research Group y voient un risque de « repli autoritaire », tandis que le camp présidentiel défend un « plébiscite populaire » face aux défis sécuritaires. L’entourage de Delly Sesanga confirme une mobilisation accrue de l’opposition pour « défendre la démocratie ».
L’Assemblée nationale, dominée par la majorité, pourrait voter la proposition de loi dans les prochaines semaines, cristallisant les clivages.En RDC, où la Constitution est souvent qualifiée de « bouclier suprême », ce bras de fer pourrait redessiner le paysage politique à l’approche de 2028.
Danny Ngubaa Yambushi


