La guerre fratricide au sein de l’Union sacrée de la nation a atteint une proportion inquiétante, au point que l’initiateur de ce projet politique, Felix Tshisekedi, arrive à réunir les forces politiques au sein de cette plateforme afin de recoller les morceaux d’une famille politique déchirée à l’interne. A la base de la situation, le comportement des membres du présidium de l’Union sacrée : Augustin Kabuya, Christophe Mboso, Vital Kamerhe, Bahati Lukwebo, Sama Lukonde et Jean Pierre Bemba; jugé par certains députés nationaux et autres responsables de cette coalition majoritaire au parlement de dictatorial, n’accordant pas le droit à la parole aux autres.

A ce sujet Félix Tshisekedi a appelé à l’unité en interne, rappelant ainsi les priorités de ce mandat qui vient de s’ouvrir en début de l’année 2024. Ces priorités se résument à mettre tout en oeuvre pour plus de sécurité en faveur des congolais, surtout dans l’Est du pays, victimes des exactions des groupes armés internes et etrangers à l’Instar du M23 soutenu par le Rwanda. Il y a en deuxieme lieu la situation sociale des congolais qui actuellement laisse à désirer, l’illustration parfaire est la perte vertigineuse du pouvoir d’achat causée par la dépréciation répétitive du franc congolais. En dernier ressort, c’est l’épineuse question de création de l’emploi pour les jeunes. Félix Tshisekedi a promis d’en créer 6 millions pour son deuxième mandat.
La pomme de discorde et la recette Fatshi
Si le comportement autoritaire du présidium est à la base de ce déchirement au sein de l’Union sacrée, il faut dire que les récentes évolutions des évènements politiques au pays a exacerbé les tensions dans une plateforme déjà fragilisé par les intérêts multiples des caciques et les composants. Entre autres événements, c’est la constitution du bureau définitif de l’Assemblée nationale. Le ticket de la coalition majoritaire proposé par le présidium de l’Union mettait pas tout le monde d’accord. Il est traité d’être teinté du népotisme, clientélisme mais aussi ne respectant pas la représentativité des provinces.

Parmi les noms qui fâchent, il y a Serge Bahati député Sud-Kivu pour son alliance familiale avec son père Modeste Bahati Lukwebo, mais aussi parce qu’il partage la même province avec Vital Kamerhe candidat unique à la présidence de l’Assemblée nationale. Le même cas a été soulevé pour Caroline Bemba au poste de Questeur adjoint, partageant en même temps l’espace géographique avec Jacques Ndjoli candidat unique au poste de Rapporteur. L’autre nom qui fâche est celui de Christophe Mboso, qui tient à rester au bureau comme 2e vice-président, après avoir passé 3 ans à sa tête.
Malgré les contestations de plus centaine d’élus nationaux, le bureau d’âge a réussi un passage en force, en maintenant les mêmes noms, à l’exception de Serge Bahati qui a été remplacé par Chimène Polipoli à la lumière de la décision de l’AFDC-A. Celà, en écartant toute candidature dissidente pour les postes revenant à la majorité. Ces députés visiblement frondeurs ont saisi le Conseil d’Etat pour casser cette décision du bureau provisoire portant publication de la liste des candidats. Cette juridiction administrative va statuer sur la question le 20 mai prochain.
C’est ainsi que le président de la République interviendra lors de cette réunion pour taper du point sur la planche et enjoindre le présidium de se concerter à nouveau avec les chefs des regroupements politiques pour refaire le ticket. La réunion a lieu ce samedi dans les après-midi. Felix Tshisekedu lui même s’est plaint de la sous représentation des femmes, une sur six mais aussi celle de la grande orientale comptant plus de 60 députés. Il a par ailleurs menacé de dissoudre cette chambre et renvoyer les élus aux élections s’ils continuent avec les antivaleurs, notamment le monnayage des votes.

Au delà de ce malentendu, plusieurs sources affirment que la candidature unique de Vital Kamerhe à la présidence du bureau mettrait mal à l’aise certains membres du presidium de l’Union sacrée, en l’occurrence Augustin Kabuya et Christophe Mboso, qui seraient en train de créer une rébellion pour faire élire un autre candidat. Ils reprochent, selon les mêmes sources, à Kamerhe d’avoir des objectifs personnels et électoralistes pour 2028.
Pendant ce temps, les congolais qui n’ont rien avoir avec les jeu de ping-pong entre politiques, profondément préoccupés pour assurer le quotidien, attendent impatiemment la sortie du gouvernement qui ne sera investi que par une Assemblée nationale avec un bureau définitif installé, espérant que celui-ci va devoir travailler pour leur bien-être.
Emille Kayomba


