À Kinshasa, les lignes pourraient bouger plus vite que prévu. Lancées le 21 avril 2026 par l’Union sacrée de la Nation, les consultations nationales en vue d’une éventuelle révision de la Constitution du 18 février 2006 s’apprêtent à franchir une étape déterminante. À l’origine de cette initiative, le secrétaire permanent de l’USN, André Mbata, qui avait présenté la démarche comme inclusive, invitant partis politiques, société civile, universitaires et citoyens à soumettre leurs propositions jusqu’au 20 mai 2026.

Une première phase destinée à recueillir les avis avant la mise en place d’un cadre technique structuré. Mais selon plusieurs sources concordantes, une prise de parole imminente du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, pourrait donner une tout autre dimension à ce processus. Il serait question d’un acte d’État visant à officialiser la commission technique chargée de piloter ces consultations, leur conférant ainsi un caractère institutionnel et des effets juridiquement reconnus.
Si cette étape se confirme, elle marquerait le passage d’une phase de discussions et de spéculations à une dynamique formelle engageant potentiellement l’ensemble de la nation. En toile de fond : l’ambition affichée par l’USN d’adapter la Loi fondamentale aux réalités actuelles du pays.
Une perspective qui ne fait pas l’unanimité. Une frange importante de l’opposition voit dans cette initiative une manœuvre politique aux implications sensibles, notamment sur le calendrier électoral ou encore la question de la limitation des mandats présidentiels. Pour certains, le timing soulève des interrogations sur l’opportunité d’un tel chantier.
Ce débat s’inscrit dans une séquence politique déjà marquée par les consultations ayant conduit, en août 2025, à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Une démarche qui visait à renforcer la cohésion face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux. Aujourd’hui, l’éventuelle officialisation des consultations constitutionnelles pourrait raviver les appétits politiques.
Dans les états-majors, certains y voient déjà les prémices de recompositions à venir, voire un prélude à de nouveaux équilibres au sein de l’Exécutif. Entre ambition de réforme et soupçons de stratégie politique, la RDC s’apprête peut-être à ouvrir un nouveau chapitre institutionnel. Reste à savoir jusqu’où cette dynamique mènera et à quel rythme.
Elrick Elesse


