Le ministre d’Etat en charge de la Justice, Constant Mutamba, doit faire désormais face aux magistrats, reunis au sein du syndicat des Magistrats du Congo (SYMCO), qui l’accusent de plusieurs cas d’ingérence dans le fonctionnement de la justice. Dans un communiqué signé le 18 août, ce syndicat rappelle en effet que justice est un pouvoir distinct et garanti par la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, à ne pas confondre au pouvoir judiciaire.
C. Mutamba est accusé entre autres d’instauter un tribunal populaire, dans l’enceinte du Palais de Justice, aux fins d’y recevoir les justiciables ayant succombés aux procès, voir ceux ayant obtenus des décisions en pourvoi en cassation, en violation de l’article 140 de la Constitution. Les libérations conditionnelles à Kinshasa et Kisangani, ont été faites sans que les parquets en soient informes, fustige ce syndicat.
En plus, les magistrats pensent que le ministre d’Etat en charge de la Justice prend des fortes décisions de manière unilatérale, sans consulter d’autres acteurs du secteur, à l’exemple de la série de textes déposés à l’Assemblée nationale portant réforme de la justice jeudi 15 août. Le SYMCO a aussi désapprouvé les sorties médiatiques du Ministre d’Etat, dont il considère comme provocation et humiliation qui jette de l’opprobre aux magistrats, les érigeant comme les seuls responsables de la maladie dont souffre la justice congolaise tel que le déclare le président Tshisekedi.
Concernant les réformes « courageuses » que le ministre d’Etat Mutamba entend implémenter pour une thérapie de choc, le SYMCO l’appelle à la collaboration, au risque de rencontrer la désapprobation des acteurs du secteur. Le syndicat l’a rappelé aussi qu’il y a le rapport des états généraux de la justice de 2015 auquel il faut se référer, mais aussi les résolutions de la commission juridique de la conférence nationale souveraine.
Ainsi, le SYMCO a appelé tous les magistrats membres à s’ériger contre ce qu’il qualifie de provocation et d’humiliation du ministre d’Etat. Il a aussi appelé à l’implication du président de la République, pour mettre fin à ce qu’il taxe de « dérives dicatoriales » de Constant Mutamba, peut-on lire dans ce communiqué.
Emille Kayomba


