Le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution en RDC illustre une fracture politique majeure. Jean-Pierre Bemba, Vice-Premier ministre et président du MLC, s’est prononcé pour une révision limitée à certains articles problématiques, afin de préserver la stabilité institutionnelle tout en répondant aux préoccupations spécifiques. Il cible notamment les articles 10 (nationalité exclusive), 13 et 51 (protection des minorités et coexistence ethnique), et 198 (mode d’élection des gouverneurs et sénateurs), plaidant pour des scrutins directs afin de renforcer la légitimité démocratique.
L’article 10 est controversé en raison de sa restriction à la nationalité congolaise exclusive, excluant la double nationalité, une question sensible dans un pays où la diaspora joue un rôle clé. Les articles 13 et 51 touchent à l’identité nationale et à la coexistence des ethnies, un sujet délicat dans un contexte marqué par des tensions interethniques. L’article 198 soulève le débat sur la légitimité des représentants provinciaux et leur mode d’élection, avec une volonté d’accroître la transparence et la participation populaire
En revanche, le Président Félix Tshisekedi et son parti UDPS semblent privilégier un changement complet de la Constitution, arguant que certaines limites structurelles freinent l’avancée des réformes nécessaires au développement du pays. Cette position est toutefois rejetée par une grande partie de l’opposition, qui y voit un risque de dérive autoritaire ou de manipulation à des fins électoralistes.
Le choix entre révision et changement complet de la Constitution dépendra des mécanismes de dialogue entre les acteurs politiques. Si un consensus n’émerge pas, ce débat pourrait exacerber les tensions dans un contexte pré-électoral. L’enjeu principal reste de garantir une réforme constitutionnelle qui réponde aux attentes des Congolais tout en renforçant la démocratie et l’unité nationale.
Emille Kayomba


