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Accord de paix RDC-Rwanda : la question des FDLR ravive les tensions malgré les engagements de Washington

11 mois ago
in Sécurité
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RDC – Rwanda : Accord de paix sous haute tension
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Alors que l’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda a suscité un certain optimisme quant à la fin des hostilités dans la région des Grands Lacs, les premières déclarations des autorités rwandaises laissent entrevoir des divergences persistantes, notamment autour de la question explosive des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR).

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a tenu à préciser que l’accord signé à Washington ne prévoit pas le retrait immédiat des forces rwandaises déployées à l’Est de la RDC. Selon lui, le terme « désengagement » contenu dans le document vise uniquement les groupes armés non étatiques, excluant de facto les troupes régulières rwandaises. « Le terme ‘désengagement’ se réfère exclusivement aux groupes armés non étatiques », a-t-il insisté.

Pour Kigali, le maintien des « mesures de défense » rwandaises reste conditionné à la neutralisation totale des FDLR, un mouvement armé hostile au régime de Paul Kagame, accusé de collaboration avec Kinshasa. Le chef de la diplomatie rwandaise est allé plus loin, accusant le gouvernement congolais de soutenir les FDLR et même de les intégrer au sein des Forces armées congolaises (FARDC), en s’appuyant sur des rapports de l’ONU.

« Les FDLR, ce sont des forces qui sont soutenues par le gouvernement congolais, qui sont même intégrées dans les FARDC. […] Ce n’est pas seulement le Rwanda qui le dit », a-t-il affirmé. Selon lui, le gouvernement congolais a lui-même reconnu le problème, en s’engageant à plusieurs reprises – notamment à Luanda en 2024 et à Washington en 2025 – à neutraliser ce groupe. « Logique élémentaire : si Kinshasa signe pour neutraliser les FDLR, c’est qu’il reconnaît leur nuisance », a-t-il conclu.

Lorsqu’il lui a été demandé de clarifier où se trouvent les FDLR, notamment s’ils opèrent dans des zones contrôlées par le M23, Olivier Nduhungirehe a éludé la question, renvoyant au mécanisme conjoint de coordination prévu par l’accord.

« Vous ne vous attendez pas à ce qu’un ministre des Affaires étrangères fasse le travail du mécanisme conjoint », a-t-il répondu, évoquant le rôle de cette structure dans l’identification et le désarmement des groupes armés via le plan CONOPS. Interrogé sur l’idée que les FDLR pourraient se trouver dans des zones occupées par le M23, ce qui impliquerait un retrait préalable de ce dernier, il a nié cette possibilité : « Dire que les FDLR sont dans la zone du M23 ? Je ne comprends pas exactement ce que vous dites. »

Ces propos contrastent fortement avec la lecture congolaise de l’accord, selon laquelle le retrait des troupes rwandaises est un élément central de l’apaisement. Le ministre de la Communication Patrick Muyaya, dans ses déclarations récentes, avait clairement affirmé que la souveraineté du Congo n’était pas négociable, et que tout soutien au M23 était désormais interdit par l’accord.

Cette divergence d’interprétation sur les FDLR reflète une fracture narrative profonde entre les deux capitales. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de manipuler la question des groupes armés, risquant ainsi de compromettre la mise en œuvre effective de l’accord de paix.

Alors que le texte signé à Washington semblait ouvrir une nouvelle ère de coopération et de stabilité régionale, les conditions posées par le Rwanda, en lien avec les FDLR, pourraient retarder, voire bloquer, l’exécution des engagements pris. Sur le terrain, les populations de l’Est de la RDC, premières victimes des violences, attendent des actes concrets et immédiats.

La paix, une fois de plus, reste suspendue à la capacité des deux États à transformer leurs engagements en actions crédibles et vérifiables, loin des discours antagonistes. La communauté internationale, quant à elle, observe avec prudence la suite de ce processus fragile.

La rédaction de b-onetv.cd

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