La ville de Kisangani a vécu une soirée de forte inquiétude ce dimanche 24 mai. L’aéroport international de Bangboka, infrastructure stratégique inaugurée le 26 octobre 2024, a été la cible d’une tentative d’attaque impliquant deux drones armés. Selon plusieurs sources concordantes, les engins volants se dirigeaient vers les installations aéroportuaires lorsqu’ils ont été repérés puis neutralisés en plein vol par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), évitant ainsi un scénario potentiellement dramatique.
D’après les premiers témoignages recueillis sur place, les dispositifs de défense des FARDC ont réagi avec rapidité et précision après la détection des deux drones suspects aux abords de l’aéroport. Les appareils auraient été interceptés avant d’atteindre leur cible, empêchant toute explosion ou destruction au sein de cette plateforme stratégique de la province de la Tshopo. Si aucun bilan officiel n’a encore été communiqué, cette intervention militaire est déjà perçue comme une opération décisive ayant permis d’éviter le pire.
Au moment de l’incident, l’aérogare de Bangboka connaissait une forte affluence. Passagers, accompagnateurs et agents aéroportuaires ont été surpris par l’alerte sécuritaire déclenchée en urgence. Dans un climat de confusion et de peur, plusieurs témoins racontent avoir fui précipitamment les lieux pour rejoindre le centre-ville de Kisangani. Certains évoquent des scènes de panique, marquées par des mouvements de foule et une interruption brutale des activités aéroportuaires.
Conséquence immédiate : un vol d’une compagnie nationale en provenance de Kinshasa a été annulé à la dernière minute, perturbant le trafic aérien. Jusqu’à présent, aucune communication officielle des autorités provinciales ou militaires n’a été faite concernant cette tentative d’attaque. Ce silence nourrit de nombreuses interrogations autour des auteurs, des motivations et de l’origine exacte des drones utilisés.
Dans une région où les enjeux sécuritaires restent sensibles, cet incident ravive les inquiétudes autour de la protection des infrastructures stratégiques du pays. Ce nouvel épisode intervient dans un contexte déjà préoccupant. En février puis en mars 2026, l’aéroport de Bangboka avait déjà été visé par des attaques similaires impliquant des engins explosifs. À chaque fois, les FARDC étaient parvenues à neutraliser la menace avant qu’elle ne provoque des dégâts majeurs.
Cette répétition d’incidents met en lumière la vulnérabilité persistante de certaines installations sensibles en RDC et relance le débat sur le renforcement des dispositifs de surveillance aérienne et de sécurité autour des infrastructures publiques. À Kisangani, la nuit de dimanche laisse désormais place aux questions… et à une vigilance renforcée.
JK


