Le climat politique en République Démocratique du Congo continue de se tendre autour de l’accord de paix signé fin juin à Washington entre la RDC et le Rwanda. Cette fois, c’est Augustin Kabuya, président ad intérim et secrétaire général de l’UDPS, parti au pouvoir, qui a pris la parole pour répondre frontalement à Thomas Luhaka, auteur d’une lettre ouverte très critique à l’égard de l’accord.
Dans sa missive, Thomas Luhaka qualifie le texte signé à Washington d’atteinte à la souveraineté nationale, exprimant son profond désaccord avec la démarche diplomatique engagée par Kinshasa. Des propos qui n’ont pas laissé indifférent Augustin Kabuya, réputé pour son franc-parler.
« J’ai vu des gens s’agiter en criant à la trahison. Thomas Luhaka a écrit une lettre ouverte à notre ministre des Affaires étrangères. Mais qu’il commence par expliquer ses liens avec Joseph Kabila… Tous ceux qui se pavanent sur les plateaux pour critiquer cet accord devraient d’abord produire leurs déclarations passées contre Paul Kagame, l’homme qui a envoyé ses protégés semer la mort chez nous », a lancé Kabuya devant ses partisans.
Le secrétaire général de l’UDPS a également mis en doute la sincérité de Thomas Luhaka, rappelant qu’il serait le gendre de Maman Sifa, la mère de l’ancien président Joseph Kabila, ce qui, selon lui, compromettrait l’impartialité de ses critiques.
« Qu’attendre de bon de sa part envers le régime de Félix Tshisekedi ? Ce sont des larmes de crocodile. Leur seul projet pour le Congo, c’est le pillage et la manipulation », a-t-il martelé.
Cette joute verbale survient alors que l’accord de Washington continue de diviser l’opinion congolaise, dans un contexte de tensions persistantes avec le Rwanda et de méfiance à l’égard des initiatives diplomatiques perçues comme un recul sur le plan de la souveraineté.
Le débat promet de se poursuivre, alimenté par des positions tranchées au sein de la classe politique, alors que le peuple congolais attend des réponses concrètes face à l’insécurité endémique dans l’Est du pays.
Djodjo Mafuku


