Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution continue de prendre de l’ampleur en République démocratique du Congo. Ce lundi 25 mai, Augustin Kabuya est monté au créneau lors d’une conférence de presse pour défendre la vision portée par la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), une plateforme qu’il présente comme une initiative citoyenne ouverte à toutes les forces vives du pays.
Face aux critiques accusant le camp présidentiel de vouloir précipiter le débat constitutionnel, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social a rejeté toute idée d’empressement politique. « Il ne s’agit pas de précipitation », a déclaré Augustin Kabuya. Dans un ton offensif, le patron intérimaire de l’UDPS a assumé clairement l’objectif poursuivi par cette coalition : « Tozo bunda mpo to changer constitution oyo et nous allons atteindre cet objectif. »
Pour Augustin Kabuya, cette démarche relève avant tout d’une anticipation politique. Selon lui, un acteur politique responsable doit préparer l’avenir afin d’éviter toute surprise institutionnelle. « Un responsable politique sérieux, c’est quelqu’un qui anticipe les choses pour ne pas être surpris », a-t-il insisté. Le cadre de l’Union sacrée estime également que le débat constitutionnel est légitime et qu’aucun texte n’interdit aux citoyens ou aux organisations de se mobiliser autour de cette question.
« C’est notre droit », a martelé Kabuya. Dans son intervention, il a aussi dénoncé ce qu’il considère comme une personnalisation systématique des critiques contre le pouvoir en place. « Lorsqu’on critique le régime, on cite le Chef de l’État et l’UDPS », a-t-il regretté, avant d’ajouter : « Nous faisons notre travail. » Augustin Kabuya a tenu à différencier la C4 des structures politiques traditionnelles de l’Union sacrée de la Nation. Selon lui, cette initiative dépasse le seul cadre partisan et se veut une plateforme citoyenne plus large.
« Il s’agit d’une démarche différente des initiatives de l’Union sacrée », a-t-il expliqué. La coalition regrouperait ainsi des partis politiques, des acteurs de la société civile, des confessions religieuses ainsi que plusieurs mouvements associatifs. Une manière, selon ses initiateurs, de donner une dimension nationale au débat sur les réformes institutionnelles. « Ici, il y a les partis politiques, la société civile, les confessions religieuses et les mouvements associatifs », a précisé Kabuya.
L’homme politique affirme par ailleurs qu’aucune disposition de la charte de l’Union sacrée n’interdit cette dynamique. « Aucune disposition dans la charte de l’Union sacrée de la Nation ne l’interdit », a-t-il soutenu. En conclusion, Augustin Kabuya a lancé un appel à tous ceux qui souhaitent participer au combat pour la réforme constitutionnelle, affirmant que la plateforme reste ouverte à toutes les sensibilités. « Cette dynamique citoyenne reste ouverte à tous ceux qui veulent mener le combat du changement de la Constitution. »
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, où la question d’une éventuelle réforme constitutionnelle continue de diviser l’opinion publique congolaise et d’alimenter les débats au sein de la classe politique.
JK


