La province du Nord-Kivu fait face à une crise nutritionnelle sans précédent. Selon les chiffres rendus publics ce lundi 7 juillet 2025 par le gouverneur provincial, 64 % des enfants y souffrent actuellement de malnutrition, un taux alarmant qui place la région en tête des zones les plus touchées de la République Démocratique du Congo.
Intervenant sur la question, Ruth Sabuni Mukandirwa, cheffe de division intérimaire du Genre, Famille et Enfant au Nord-Kivu, n’a pas mâché ses mots. Pour elle, l’inaction face à cette situation revient à accepter la destruction lente d’une génération entière. « Laisser des enfants grandir dans la malnutrition, c’est compromettre leur avenir physique, mental, scolaire et social. C’est une bombe à retardement pour la communauté », a-t-elle déclaré.
Face à l’ampleur de la crise, les autorités provinciales lancent un appel pressant aux partenaires humanitaires, aux organisations locales et à l’ensemble des acteurs du développement pour agir rapidement et efficacement. Des mesures concrètes sont attendues : centres de nutrition, distribution alimentaire ciblée, programmes de sensibilisation dans les zones rurales, et surtout prise en charge immédiate des cas graves.
Dans une région déjà fragilisée par les conflits armés et les déplacements massifs de populations, cette crise nutritionnelle vient aggraver une situation humanitaire déjà critique. L’enjeu dépasse le cadre sanitaire : il s’agit d’une urgence sociale, économique et morale.
Pascal Nduyiri


