Face à une 17ᵉ épidémie d’Ebola marquée par la circulation du variant Bundibugyo, le gouvernement congolais veut changer d’échelle dans sa riposte. Les autorités sanitaires ont mis en place un nouveau plan de préparation et de réponse baptisé « Une Santé », présenté par le ministre de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba.
La stratégie a été dévoilée lors d’une réunion réunissant les principaux partenaires techniques et financiers de la riposte, des représentants des Nations unies, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’Africa CDC, ainsi que plusieurs missions diplomatiques. Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) a également pris part aux échanges.
L’ambition affichée est de construire une réponse davantage adaptée aux réalités de cette nouvelle flambée d’Ebola, en rapprochant la surveillance et la prise en charge des populations. L’un des axes majeurs du plan « Une Santé » repose sur le renforcement de la détection précoce et décentralisée des cas.
Les formations sanitaires doivent être davantage intégrées au dispositif de surveillance afin d’identifier rapidement les cas suspects, de les orienter et d’assurer leur prise en charge dans les meilleurs délais. La riposte doit également descendre au plus près des communautés. En milieu urbain, elle devra être renforcée jusqu’au niveau des quartiers, tandis qu’en milieu rural, elle devra atteindre les villages.
Cette décentralisation vise à éviter que la riposte ne repose uniquement sur les structures spécialisées et les équipes déployées dans les zones officiellement touchées. L’objectif est de faire du système de santé lui-même une première ligne d’alerte face au virus. Dans ce nouveau dispositif, l’INSP assurera la coordination de la riposte et devra veiller à une meilleure convergence des différentes interventions sur le terrain.
Plusieurs piliers seront ainsi renforcés : surveillance épidémiologique, prise en charge des malades, capacités de laboratoire, vaccination, prévention et contrôle des infections, mais également communication des risques et engagement communautaire (CREC). Une approche qui rappelle qu’en matière d’Ebola, la bataille ne se joue pas uniquement dans les centres de traitement. Elle se gagne également dans les communautés, dans les centres de santé, les laboratoires et auprès des familles.
Le gouvernement congolais a salué la mobilisation des partenaires techniques et financiers depuis le début de l’épidémie. Mais Kinshasa souhaite désormais que les promesses de soutien correspondent davantage aux ressources réellement disponibles sur le terrain. Autrement dit : entre les annonces et la réalité opérationnelle, le gouvernement veut réduire l’écart.
Présenté au Conseil des ministres puis adopté, le plan « Une Santé » devient désormais le cadre de référence de la réponse nationale contre Ebola pour les six prochains mois. Avec cette nouvelle stratégie, l’enjeu est clair : détecter plus rapidement, intervenir plus près des populations et mieux coordonner les moyens pour contenir l’épidémie avant qu’elle ne gagne davantage de terrain.
La rédaction de b-onetv.cd


