Un nouveau souffle pour le méga-projet hydroélectrique Inga III. La ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu ce mardi à Kinshasa l’ambassadeur d’Italie en RDC, Son Excellence Dino Sorrentino. Au cœur des échanges : la relance du projet Inga III, pierre angulaire du complexe « Grand Inga » et véritable moteur de transformation énergétique pour la RDC et l’Afrique subsaharienne.

Projet phare du complexe Grand Inga, Inga III ambitionne d’injecter 4 500 mégawatts supplémentaires dans le réseau national. Installée sur les puissantes chutes d’Inga, cette infrastructure s’inscrit dans une vision à long terme visant à atteindre près de 45 000 MW de capacité, dont 39 000 pour le seul Grand Inga, ce qui en ferait le plus grand projet hydroélectrique au monde.
Déjà en juin 2025, la Banque mondiale a approuvé un financement d’un milliard de dollars, dont 250 millions ont été débloqués pour les études techniques, l’appui aux communautés locales et le renforcement institutionnel. Ces étapes préalables sont jugées indispensables pour garantir la viabilité, la durabilité et la transparence du projet.
Cette rencontre du 8 juillet marque une étape importante dans la redynamisation de la coopération énergétique entre Kinshasa et Rome. L’ambassadeur Dino Sorrentino a réaffirmé l’engagement de son pays à soutenir techniquement et financièrement le projet. Un « roadshow » est prévu dans les prochaines semaines en Italie et dans plusieurs capitales européennes, avec pour objectif de mobiliser des investisseurs, rassurer les bailleurs et sensibiliser les opinions publiques à l’enjeu stratégique que représente Inga III pour la sécurité énergétique du continent africain.
Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, Inga III est « une promesse africaine ». Elle l’a rappelé lors d’un échange avec les ambassadeurs du G7 et des représentants de la Banque mondiale. Ce projet est conçu comme un catalyseur d’intégration régionale, de développement industriel, de paix et de croissance verte sur le continent.
Dans les grands forums internationaux, notamment à Davos, la ministre congolaise ne cesse de plaider pour une reconnaissance du rôle central de la RDC dans la transition énergétique mondiale. L’Italie, puissance industrielle et membre du G7, est ainsi perçue comme un partenaire de choix pour faire avancer le projet de manière concrète.

Après plusieurs années d’impasse, notamment suite au retrait de certains bailleurs en 2016, Inga III retrouve un contexte favorable pour sa mise en œuvre. La rencontre entre Thérèse Kayikwamba Wagner et Dino Sorrentino symbolise un nouveau départ, porté par une diplomatie énergétique proactive et des engagements financiers renouvelés.
Si les efforts se poursuivent à ce rythme, Inga III pourrait bientôt s’imposer comme un levier majeur de croissance régionale et d’indépendance énergétique pour l’Afrique.
Jehovani Mulumba


