Le vent de méfiance souffle entre Washington et Kinshasa. En pleine résurgence d’Ebola en RDC, les États-Unis ont décidé de suspendre temporairement les opérations de visas pour les voyageurs en provenance du pays. Une mesure sanitaire qui dépasse déjà le simple cadre médical et commence à inquiéter étudiants, hommes d’affaires, voyageurs… mais surtout les supporters congolais attendus à Houston le 17 juin pour soutenir les Léopards.
Face à cette décision américaine, le gouvernement congolais évite l’escalade. Le porte-parole Patrick Muyaya privilégie l’apaisement et rappelle que l’épidémie reste localisée. Pour Kinshasa, il ne s’agit pas d’un bras de fer diplomatique avec un partenaire stratégique, mais d’un travail de clarification autour de la réalité sanitaire du pays.
« Lorsqu’on parle de la RDC, il faut comprendre que le virus est localisé et qu’un travail important est en cours », a insisté Patrick Muyaya, évoquant des échanges permanents entre les autorités congolaises, le ministère de la Santé, l’INRB et Washington afin d’éviter toute confusion.
Pendant ce temps, les chiffres de l’OMS alimentent les inquiétudes. Plus de 600 cas suspects et 139 décès suspects ont déjà été recensés, selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, avec une évolution encore incertaine de la situation. Mais du côté africain, certaines voix dénoncent une réaction disproportionnée. Africa CDC, par la voix de son directeur général Jean Kaseya, estime que les restrictions généralisées de voyage ne constituent pas toujours une réponse efficace aux épidémies.
L’institution africaine plaide plutôt pour des mesures basées sur les données scientifiques, la coopération internationale et la transparence. Au-delà de l’urgence sanitaire, cette suspension américaine ravive une vieille question : celle de l’image de la RDC sur la scène internationale, souvent fragilisée dès qu’une crise sanitaire surgit.
La rédaction de b-onetv.cd


