La situation sanitaire en République démocratique du Congo reste alarmante face à la résurgence du choléra, avec un taux de létalité nationale de 4,6% au cours de la semaine écoulée. C’est ce qu’a révélé le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, lors de la 52e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 18 juillet 2025.
Le ministre a tiré la sonnette d’alarme : la situation reste « inquiétante« , notamment à Kinshasa, où la létalité avoisine toujours les 4%. Entre la 1ʳᵉ et la 27ᵉ semaine épidémiologique de l’année, le taux moyen de létalité enregistré sur l’ensemble du territoire est de 2,1%, bien au-dessus du seuil d’alerte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« L’épicentre de l’épidémie demeure dans les provinces de la Tshopo et du Sud-Kivu. On observe une augmentation moyenne de 1 200 cas par semaine depuis six semaines », a précisé le ministre.
D’autres provinces touchées par cette tendance haussière sont Kinshasa, l’Équateur, Lomami, Maniema et Maï-Ndombe. À l’inverse, des signes de recul sont constatés dans le Haut-Lomami et le Haut-Katanga, tandis que le Lualaba a déclaré la fin de l’épidémie après plusieurs semaines sans cas recensé.
Face à la recrudescence de l’épidémie, le Président Félix Tshisekedi a instruit, lors d’un précédent Conseil des ministres, l’activation immédiate d’un plan de contingence. Il a enjoint les ministères de la Santé, de l’Intérieur et des Affaires sociales à : Mobiliser les divisions provinciales de la santé ; Déployer des équipes médicales d’urgence ; Acheminer des stocks de médicaments essentiels ; Installer des unités mobiles de traitement dans les zones affectées.
Pour limiter la propagation de la maladie, le ministère de la Santé exhorte la population à observer des règles d’hygiène strictes, notamment : Se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon ; Boire uniquement de l’eau potable ; Bien cuire les aliments et laver soigneusement les fruits ; Éviter la défécation à l’air libre ; Nettoyer régulièrement les latrines et garder les lieux de vie propres ; Se rendre immédiatement dans un centre de santé en cas de diarrhée.
Le directeur général de l’Institut National de Santé Publique (INSP), Dieudonné Mwamba, a constaté une prise en charge effective dans plusieurs structures sanitaires, à l’issue d’une ronde d’inspection effectuée dans : Le Centre hospitalier universitaire Renaissance (ex-Mama Yemo), le Centre de traitement de Pakadjuma, l’Hôpital de référence de Ngiri-Ngiri, le site du Camp militaire Kokolo
Ces sites, selon l’INSP, sont dotés d’intrants disponibles et appuyés par le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), qui assure la coordination technique de la riposte. Lors d’un récent briefing conjoint avec le ministre de la Communication, Samuel Roger Kamba a annoncé l’ouverture prochaine de 8 nouveaux centres de traitement du choléra, en plus des 4 déjà opérationnels, afin de mieux prendre en charge les patients et d’endiguer la propagation.
En parallèle, le ministre a signalé une hausse des cas suspects de Mpox (variole du singe), passés de 313 à 529 entre les 26e et 27e semaines épidémiologiques. Des actions de riposte sont en cours pour contenir cette épidémie. La RDC est donc confrontée à un double défi sanitaire, où la vigilance communautaire, la coordination gouvernementale et le soutien international seront essentiels pour éviter une aggravation de la crise.


