C’est une annonce qui marque un tournant décisif dans la lutte contre les maladies épidémiques en Afrique centrale. La République démocratique du Congo a officiellement déclaré la fin de l’épidémie de Mpox, mettant un terme à plusieurs années de mobilisation intense face à cette maladie virale. Une maladie longtemps sous-estimée, mais qui avait connu une résurgence inquiétante sur le territoire congolais depuis fin 2022.

Cette déclaration intervient dans un contexte international favorable, marqué par la levée de l’état d’urgence sanitaire à l’échelle continentale par l’Africa CDC, ainsi que par la fin de son statut d’urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS. Pour Roger Kamba, cette avancée est le fruit d’un effort collectif rigoureusement coordonné :
« Nous n’avons pas encore éradiqué le virus, mais l’épidémie est terminée. Nous enregistrions environ 2 400 cas par semaine au début de l’année 2025, contre 170 cas aujourd’hui. Cela témoigne du chemin parcouru. »
Des chiffres qui traduisent une nette décrue de la propagation, rendue possible grâce à une réponse multisectorielle efficace : plan stratégique structuré, financement dédié, et collaboration étroite entre les autorités sanitaires et les partenaires techniques. Au-delà de la maîtrise de l’épidémie, cette crise aura servi de catalyseur pour le renforcement du système de santé congolais. Le pays est passé de seulement deux laboratoires opérationnels au début de la crise à une soixantaine aujourd’hui un bond qualitatif majeur dans les capacités de diagnostic et de riposte.
Le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Institut national de santé publique et le Centre des opérations d’urgence de santé publique, insiste toutefois sur la nécessité de maintenir une vigilance accrue. Car si l’épidémie est officiellement terminée, le virus, lui, circule encore. Les autorités annoncent ainsi la poursuite des activités de surveillance épidémiologique afin de prévenir toute résurgence et d’atteindre, à terme, une éradication complète.

Classée en 2024 comme urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS, l’épidémie de Mpox en RDC aura profondément marqué le pays. Plus de 124 000 cas ont été recensés, dans un contexte aggravé par le manque de vaccins et les crises humanitaires, touchant particulièrement les populations vulnérables, notamment les enfants. À ce jour, plus de 1 557 268 personnes ont été vaccinées, soit une couverture estimée à 46 %. Un effort considérable qui a contribué à freiner la propagation du virus sur l’ensemble du territoire national.
La fin de l’épidémie de Mpox en RDC symbolise une victoire importante pour les autorités sanitaires et leurs partenaires. Elle démontre surtout qu’une coordination efficace, des investissements ciblés et une mobilisation collective peuvent inverser la courbe d’une crise sanitaire majeure.
Mais le message reste clair : la vigilance demeure de mise. Car dans le domaine de la santé publique, chaque victoire n’est qu’une étape vers une sécurité sanitaire durable.
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