Dans une démarche inédite de coopération bilatérale, la République démocratique du Congo et la République du Rwanda ont officialisé, ce samedi, la signature d’un Cadre d’Intégration Économique Régionale (CIER) centré sur le secteur minier, pierre angulaire d’un nouvel engagement pour la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs.
L’initiative, matérialisée à travers un Énoncé des Principes, ambitionne de lutter contre les activités illicites liées à l’exploitation et au commerce des ressources naturelles, souvent identifiées comme des moteurs majeurs de l’instabilité et des conflits armés dans la région.
Dans le document conjoint, les deux pays s’engagent à renforcer la transparence dans la chaîne d’approvisionnement minier, à travers la collaboration avec les parties prenantes pour lever les obstacles techniques, commerciaux et opérationnels aux exportations légales de minerais stratégiques tels que l’or, l’étain, le tantale, le tungstène et le niobium.
Chaque État réaffirme son droit souverain sur ses ressources naturelles, tout en soulignant que les bénéfices de leur exploitation doivent profiter prioritairement aux communautés locales, dans le respect des cadres juridiques nationaux. Les deux gouvernements appellent également à la transformation locale des minerais, afin de maximiser la valeur ajoutée sur place.
Le CIER repose sur un principe fondamental : l’intégration régionale par l’économie. L’énergie et les infrastructures sont identifiés comme leviers essentiels de l’industrialisation, notamment dans le secteur minier. RDC et Rwanda souhaitent capitaliser sur leurs complémentarités industrielles pour développer des plateformes régionales de transformation minière, de logistique et de formalisation de l’exploitation artisanale, tout en renforçant la lutte contre la corruption et les circuits de commerce illicite. Le cadre se veut évolutif et flexible, avec l’ambition d’élargir la coopération à d’autres domaines, au fur et à mesure de sa mise en œuvre.
Le Cadre d’Intégration Économique Régionale s’inscrit dans la continuité du traité de paix signé à Washington entre Kinshasa et Kigali. Il complète la Déclaration de principes signée le 25 avril 2025 par la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe. Le processus est appuyé par les États-Unis, qui saluent un tournant vers la coopération pragmatique pour la paix et le développement durable.
Au-delà du secteur minier, les deux États ont affiché leur volonté d’intensifier la coopération économique transfrontalière dans des domaines variés : agro-industrie, infrastructures, tourisme intégré, zones industrielles communes, santé, éducation et marchés transfrontaliers. Le respect mutuel de la souveraineté, des lois et réglementations nationales est posé comme un principe fondamental.
À travers ce nouveau cadre, Kinshasa et Kigali veulent établir une plateforme régionale dynamique, capable d’évoluer et d’intégrer de nouveaux objectifs consensuels, pour faire de l’économie un instrument de stabilité et de réconciliation durable dans la région des Grands Lacs.
Elrick Elesse


