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Gouvernement Suminwa II : un remaniement qui mêle continuité, nouvelles figures et calculs politiques

10 mois ago
in Politique
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Gouvernement Suminwa II : un remaniement qui mêle continuité, nouvelles figures et calculs politiques
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Le 7 août 2025, Félix Tshisekedi a levé le voile sur la composition du gouvernement Suminwa II, marquant une nouvelle étape dans son second quinquennat. L’annonce, lue par sa porte-parole Tina Salama sur les ondes de la RTNC, consacre à la fois la stabilité de certaines têtes d’affiche, l’entrée de figures inattendues et des permutations stratégiques.

La nouvelle équipe conserve plusieurs piliers du précédent exécutif, signe que le chef de l’État privilégie la continuité sur certains dossiers jugés stratégiques.
Parmi les reconduits : Jacquemain Shabani (Intérieur), Jean-Pierre Bemba Gombo (Transports), Guy Kabombo Muadiamvita ( (Défense) ), Daniel Mukoko Samba (Économie), Doudou Fwamba (Finances), Jean-Pierre Lihau (Fonction publique), Thérèse Kayikwamba Wagner (Affaires étrangères). Ces choix traduisent la volonté de Tshisekedi de garder la main sur les secteurs clés : sécurité, économie, administration publique et cohésion sociale.

Certains ministres changent de portefeuille, parfois de manière radicale, comme pour réinjecter de l’énergie ou de nouvelles priorités dans certaines politiques publiques : Muhindo Nzangi passe du Développement rural à l’Agriculture et sécurité alimentaire; Aimé Boji Sangara quitte le Budget pour l’Industrie; Ève Bazaiba Masudi cède l’Environnement pour diriger les Affaires sociales, actions humanitaires et solidarité nationale; Marie Niange Ndambo, nouvelle venue, reprend le ministère de l’Environnement; Guillaume Ngefa-Atondoko Andali prend la Justice, un poste sensible dans un contexte de tensions institutionnelles et de débats sur l’État de droit.

Trois entrées marquent particulièrement ce remaniement : Adolphe Muzito, ancien Premier ministre et figure politique expérimentée, devient VPM, ministre du Budget; Eliezer Ntambwe, journaliste et ex-député très médiatique, prend le portefeuille délégué des Anciens combattants; Floribert Azuluni, candidat à la présidentielle de 2023, devient ministre de l’Intégration régionale. Ces nominations peuvent être vues comme une main tendue à certaines sensibilités politiques, mais aussi comme un moyen d’élargir la base de l’Union sacrée.

Derrière la vitrine de ce réaménagement ministériel se cache un travail de coulisses entamé dès mars dernier. Le conseiller spécial en sécurité Cashmir Eberande Kolongele avait conduit, sur instruction présidentielle, des consultations politiques élargies. Si ces discussions ont été perçues comme un pas vers un gouvernement d’union nationale “made in Union sacrée”, elles ont échoué à rallier les principales forces d’opposition, qui réclament plutôt un dialogue national inclusif sous l’égide de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo, dans le cadre du projet Pacte social pour la paix.

L’Union sacrée pour la Nation reste la machine politique dominante du pays, contrôlant la majorité à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans plusieurs institutions clés. Ce rapport de force permet à Tshisekedi de façonner l’exécutif à son avantage, tout en maintenant une stabilité parlementaire.

Le gouvernement Suminwa II apparaît comme un équilibre calculé entre stabilité, ouverture et repositionnement stratégique. La présence de figures comme Muzito ou Azuluni, conjuguée à la reconduction de poids lourds de l’Union sacrée, illustre une double stratégie : renforcer le camp présidentiel tout en donnant des gages d’ouverture politique.Cependant, en l’absence d’un véritable consensus avec l’opposition et dans un climat sécuritaire toujours préoccupant, cette recomposition pourrait n’être qu’une étape intermédiaire vers de nouvelles négociations politiques.

Junior Kulele

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