La rencontre directe prévue ce 8 août à Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 n’a finalement pas eu lieu. Ni Kinshasa ni le mouvement rebelle n’ont envoyé de délégation, signe que les tensions restent vives malgré les engagements pris.
Selon la médiation qatarie, les discussions se poursuivent “avec le soutien du Qatar” pour appliquer les engagements contenus dans la Déclaration de principes signée le 27 juin. Mais un sujet retarde tout : la mise en place d’un mécanisme d’échange de prisonniers, sous supervision de la Croix-Rouge internationale. Ce processus, jugé essentiel pour instaurer un climat de confiance, prend plus de temps que prévu.
Le 29 juillet, les deux camps avaient pourtant convenu de libérer leurs détenus respectifs avant de passer à la phase des discussions directes. Mais à ce jour, aucun prisonnier n’a été libéré. Le M23, inflexible, prévient qu’il ne se déplacera plus à Doha si ses 700 combattants et sympathisants ne sont pas relâchés par Kinshasa. Initialement, la reprise des pourparlers devait permettre d’aboutir à un accord global de paix le 17 août, conformément à la feuille de route. Ce rendez-vous manqué compromet donc le calendrier fixé.
L’entrée en fonction du gouvernement Suminwa II, fraîchement dévoilé, pourrait toutefois influer sur la suite des négociations. Une nouvelle approche ou des instructions politiques claires pourraient débloquer la situation et remettre les deux parties autour de la table à Doha. En attendant, l’espoir d’un accord inclusif s’éloigne, et le climat de méfiance persiste.
Elrick Elesse


