La Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, s’est entretenue ce samedi 16 août 2025 avec S.E. Musalia Mudavadi, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Kenya.
Au cœur de leurs échanges : l’état des relations bilatérales entre les deux pays et la nécessité de les renforcer, dans un climat marqué par la controverse autour de la désignation annoncée d’un consul kényan à Goma.
Dans un communiqué publié le même jour, le ministère congolais des Affaires étrangères a réitéré la position de la RDC : toute nomination d’un consul étranger sur son territoire doit obtenir son agrément préalable et un exequatur délivré par Kinshasa, conformément à la Convention de Vienne du 24 avril 1963.
« Toute annonce relative à la nomination d’un consul à Goma ne saurait être validée sans l’aval des autorités congolaises », souligne le document officiel, rappelant que le gouvernement congolais attend d’être saisi par les canaux diplomatiques appropriés et répondra exclusivement par ces mêmes voies.
La mise au point de Kinshasa intervient dans un contexte particulier. La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, demeure sous occupation illégale du M23/AFC, soutenu par le Rwanda. Cette situation, indique le communiqué, est marquée par des violations graves des droits humains, notamment contre les femmes et les mineurs, documentées par le Groupe d’experts de l’ONU et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).
Dans ce cadre, toute annonce publique concernant la nomination d’un consul à Goma est jugée inappropriée et prématurée, car elle risquerait de donner l’impression d’une légitimation indirecte de cette occupation. Si Kinshasa a tenu à réaffirmer sa souveraineté et sa vigilance, la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner a insisté, lors de son échange téléphonique avec Musalia Mudavadi, sur la nécessité de préserver et de renforcer les liens bilatéraux entre les deux États.
Le gouvernement congolais appelle ainsi à la prudence et au discernement dans la communication publique, afin d’éviter toute spéculation susceptible de fragiliser l’excellence des relations diplomatiques avec Nairobi.
Emille Kayomba


