La République démocratique du Congo a exhorté ce vendredi le Conseil de sécurité de l’ONU à « prendre ses responsabilités » face à la poursuite de l’agression rwandaise à l’Est du pays, en exigeant l’application stricte de la résolution 2773, adoptée à l’unanimité en février dernier. Cette interpellation a été portée par Zénon Mukongo, représentant permanent de Kinshasa auprès des Nations Unies, lors d’une réunion consacrée au rapport des experts onusiens sur la situation sécuritaire dans la région.
La délégation congolaise a rappelé que la résolution 2773 avait nourri de grands espoirs quant à un retour à la paix, en prévoyant des mécanismes de suivi et de sanction en cas de violation. « Le 21 février 2025, quand le Conseil a adopté cette résolution, il s’était réservé le droit d’évaluer sa mise en œuvre et de prendre des mesures en cas de non-exécution. Aujourd’hui, il est temps de tenir cet engagement », a déclaré M. Mukongo.
Pour le diplomate congolais, la responsabilité incombe désormais au Conseil de contraindre le Rwanda et son allié, le M23, à se conformer aux obligations fixées par l’ONU. « Le Rwanda et ses supplétifs du M23 compromettent l’application de la résolution 2773 et des différents accords de paix déjà conclus. Le Conseil doit agir », a-t-il martelé.
Cette réunion intervient alors que des révélations alarmantes continuent de surgir de l’Est du Congo. Le 20 août, Human Rights Watch a publié un communiqué dénonçant de nouveaux massacres commis par le M23 dans le parc national des Virunga et ses alentours, faisant plus de 100 victimes exécutées sommairement. Parallèlement, malgré ces atrocités documentées, le mouvement rebelle poursuit des négociations avec le gouvernement congolais dans le cadre du processus de paix de Doha, accentuant le contraste entre ses engagements officiels et ses agissements sur le terrain.
Pour Kinshasa, l’heure est désormais à la clarté : soit le Conseil de sécurité agit pour faire respecter ses propres résolutions, soit sa crédibilité s’érode face à la persistance des violences. En plaçant le Conseil devant ses responsabilités, la RDC espère voir s’ouvrir une nouvelle phase de pressions diplomatiques, voire de sanctions ciblées, afin de mettre fin à l’agression rwandaise et de restaurer la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Émille Kayomba


