La ville portuaire de Boma a été secouée ce jeudi matin par de violents affrontements entre forces de l’ordre et habitants du quartier Kilomètre 8, laissant un bilan humain encore incertain. Selon des sources locales, les violences ont éclaté après que des résidents ont accusé certains policiers de connivence avec des criminels impliqués dans une série de braquages. La colère populaire a rapidement dégénéré en affrontements meurtriers, plongeant la cité dans une atmosphère de chaos.
Face à la gravité de la situation, une délégation du gouvernement provincial conduite par le ministre de l’Intérieur, Jacques Kiazulua, est arrivée à Boma pour une réunion de sécurité d’urgence. L’objectif : évaluer la situation, rétablir l’ordre et tenter de renouer la confiance entre forces de l’ordre et population.
Dans le courant de la journée, la police a repris le contrôle de la ville, selon plusieurs témoignages recueillis sur place. Des arrestations ont également été signalées, visant en particulier de jeunes manifestants accusés d’avoir alimenté les troubles. Cependant, loin d’apaiser les tensions, ces interpellations suscitent la crainte d’un nouvel embrasement. La population dénonce une répression alors que les accusations initiales concernaient justement la complicité présumée de certains policiers avec des criminels.
À l’heure actuelle, Boma reste sous haute tension : commerces fermés, circulation réduite et habitants cloîtrés chez eux. La méfiance entre la population et les forces de l’ordre atteint un niveau critique, alimentant un climat de peur généralisée. Les observateurs craignent que cette crise ne s’aggrave si les autorités ne parviennent pas rapidement à instaurer un dialogue apaisé et à clarifier les responsabilités dans les violences de ce matin.


