L’Assemblée nationale a viré au théâtre des grandes manœuvres politiques ce vendredi. Une commission spéciale et temporaire, présidée par le député Peter Kazadi (UDPS), a ouvert ses travaux pour examiner les pétitions visant cinq membres du Bureau. Et déjà, l’ambiance est électrique au Palais du peuple. Le programme de la journée donne le ton : Audition des initiateurs des pétitions ; Audition du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe ; Audition du rapporteur ; Travaux en commission.
C’est l’audition de Vital Kamerhe qui retient toutes les attentions. Dans les travées, murmures, pronostics et regards se croisent. Pour beaucoup, ce passage du président de la Chambre basse s’annonce comme un moment décisif, peut-être même un tournant dans cette affaire. Les autres membres du Bureau – rapporteurs et questeurs – défileront à leur tour samedi.
Mais pendant que les députés s’écharpent sur l’avenir du Bureau, une autre crise éclate, cette fois sur le terrain social. Les assistants parlementaires sont descendus dans la rue hier pour réclamer leurs salaires du mois d’août, toujours bloqués. Certains, excédés, ont carrément pris d’assaut les bureaux de l’Assemblée.
« Nos enfants n’ont pas repris l’école », lâche l’un d’eux, dénonçant une gestion jugée « opaque » des fonds. Un mouvement qui illustre la fracture sociale et qui, à lui seul, aurait suffi à secouer l’institution. Résultat : l’Assemblée nationale se retrouve prise dans une double tempête : Institutionnelle, avec les pétitions qui fragilisent le Bureau; Sociale, avec la révolte des assistants parlementaires.
Entre pressions politiques et grogne sociale, le Palais du peuple est devenu un volcan. Et la journée ne fait que commencer. Deux fronts qui mettent à rude épreuve la crédibilité et la stabilité de l’institution parlementaire, au moment même où le pays fait face à d’importants défis politiques et sécuritaires


