Kinshasa ne respirait plus, ce lundi. Elle chantait. Elle vibrait. Une ville entière, transformée en une grande vague bleu, rouge et jaune, a célébré le retour triomphal des Léopards, fraîchement qualifiés pour les barrages intercontinentaux du Mondial 2026.

Dès la descente d’avion, un tonnerre de klaxons a accompagné le cortège. Des foules massées le long des artères de la capitale ont salué les joueurs, certains juchés sur les toits, d’autres agitant des drapeaux qui flottaient comme des promesses. On aurait dit une finale gagnée. Ce n’était qu’un retour… mais un retour qui réveille un rêve vieux de cinquante ans.
Le moment fort de cette journée historique s’est joué au cœur du mythique Stade des Martyrs. Le Président Félix Tshisekedi, la Première Dame, des membres du gouvernement et la FECOFA, étaient présents pour honorer les hommes qui ont rallumé l’étincelle. Dans une cérémonie simple mais chargée de symboles, le Chef de l’État a remis le drapeau national au capitaine Chancel Mbemba, lui confiant une mission solennelle : « Ramenez-nous au Mondial. Représentez la fierté de la nation. » Le geste était fort, presque rituel. Une passation entre un pays et ses ambassadeurs sportifs, un engagement silencieux au milieu des acclamations.

Certes, les tribunes populaires n’étaient pas toutes remplies. Mais l’essentiel n’était pas là. L’essentiel se trouvait dans les chants, les tambours, les danses improvisées. Dans l’unité spontanée d’une population rassemblée autour de son équipe. Dans cette émotion, brute et collective, que seul le football peut produire. Kinshasa a prouvé une fois de plus qu’elle savait célébrer ses héros même lorsque le destin n’est encore qu’en construction.
Après leur victoire historique face au Nigeria, les Léopards savent que le plus dur commence. Mais jamais ce défi n’a paru aussi à portée de main. Le rendez-vous est pris : mars, au Mexique, pour le match de la qualification suprême. Au terme de la cérémonie, les joueurs, le Président et la Première Dame ont posé ensemble pour une photo devenue déjà iconique. Une image d’unité, d’espoir, et d’ambition.

Les rues de Kinshasa ont continué à vibrer longtemps après la fin de l’événement. On y parlait de Mbemba, de Desabre, de Fayulu, de ce Mondial qui semble enfin possible. Jamais depuis 1974, les Congolais n’avaient senti la Coupe du monde si proche. Et ce lundi-là, dans les rues de la capitale, chacun en était convaincu : Les Léopards ne portent plus seulement un maillot. Ils portent un pays, un espoir, un destin.
Junior Kulele


