La défaite (1-2) face au Chili n’a pas fait vaciller les certitudes de Sébastien Desabre. Pour le sélectionneur de la RDC, ce rendez-vous amical ne constitue pas un verdict, mais une étape supplémentaire dans la construction d’un groupe appelé à porter les ambitions d’un pays tout entier sur la scène mondiale.
Au terme d’un stage marqué par une forte charge physique et de nombreux essais tactiques, le technicien français préfère retenir les enseignements plutôt que le résultat brut. « On a bien travaillé physiquement sur certains jours. On a manqué un petit peu de jus aujourd’hui », a-t-il expliqué, rappelant que ces rencontres servent avant tout à évaluer les joueurs et à préparer les grands rendez-vous.
Face à une équipe chilienne expérimentée, les Léopards ont montré de bonnes séquences dans la conservation du ballon, particulièrement en première période. Le manque de percussion dans les trente derniers mètres et les multiples changements opérés par les deux sélections ont cependant fait perdre de l’équilibre au collectif congolais.
Pour Desabre, cette confrontation avec une nation sud-américaine avait aussi une valeur pédagogique. Elle permet de mesurer les différences de culture footballistique, de mentalité et d’intensité, autant d’éléments qui enrichissent un groupe en pleine progression.
Cap sur le Mondial : une confiance intacte
Au-delà de cette défaite, le sélectionneur regarde déjà vers les échéances les plus importantes. Son discours est résolument tourné vers l’avenir et empreint d’une grande confiance envers les joueurs qu’il a choisis. « On suit notre route. On a progressé depuis trois ans et demi maintenant », affirme-t-il, convaincu que les Léopards possèdent les ressources nécessaires pour défendre dignement les couleurs nationales sur la scène mondiale.
Sans céder à l’euphorie, le technicien congolais estime que son groupe a les moyens de rivaliser avec les meilleures nations, à condition de respecter son plan de jeu et de conserver l’état d’esprit qui l’a conduit jusqu’ici. « On a des joueurs très motivés et on est très positifs. On va jouer notre chance à fond », assure-t-il, affichant clairement l’ambition de franchir un nouveau palier et de viser une qualification pour les seizièmes de finale.
Des attaquants soutenus face aux critiques
Très actif dans sa communication, Sébastien Desabre a également répondu aux critiques visant le manque supposé d’efficacité offensive de son équipe. Une analyse qu’il juge souvent réductrice. Pour lui, les statistiques parlent d’elles-mêmes. Les Léopards ont régulièrement trouvé le chemin des filets lors de leurs dernières sorties et produisent un football offensif qui mérite d’être analysé dans sa globalité plutôt qu’à travers des jugements individuels.
Le sélectionneur rappelle d’ailleurs qu’au football, marquer est devenu un exercice de plus en plus complexe face à des blocs défensifs bien organisés. Dans le même temps, il souligne que la RDC demeure une équipe difficile à battre et rarement mise en danger. Il refuse ainsi de désigner des coupables et préfère renforcer la confiance de ses attaquants.
« Dans l’analyse d’un coach, on est dans une analyse globale », insiste-t-il, laissant aux supporters et aux réseaux sociaux le soin d’alimenter les débats. Car au fond, le message est simple : toute cette passion autour des Léopards témoigne de l’intérêt grandissant du peuple congolais pour une sélection qui nourrit désormais de grandes ambitions.
Une défaite qui ne remet rien en cause
Concernant les deux buts encaissés face au Chili, le sélectionneur refuse également de céder au catastrophisme. Il reconnaît la qualité des réalisations adverses et promet un travail d’analyse approfondi avec son staff.
Il rappelle surtout qu’il s’agissait d’un match amical marqué par de nombreux changements et expérimentations tactiques. Pour lui, ces circonstances ne peuvent être comparées à celles d’une compétition officielle.
Le technicien préfère retenir un autre indicateur : cette défaite met fin à une longue période sans revers dans le temps réglementaire, preuve de la progression constante de son équipe. Et fidèle à son pragmatisme, il conclut avec une pointe d’humilité : « On n’est pas 46e mondial pour rien. Cela signifie que nous avons de la qualité, mais cela veut aussi dire qu’il y a encore 45 équipes devant nous. » Une manière de rappeler que le chemin vers les sommets est encore long, mais que les Léopards avancent avec une boussole claire : progresser sans relâche et rendre fiers les Congolais.
Junior Kulele


