En République démocratique du Congo, la lutte contre le VIH/Sida demeure un enjeu majeur de santé publique. Malgré des avancées notables au cours de la dernière décennie, le pays fait encore face à de fortes contraintes logistiques, financières et socioculturelles qui ralentissent l’atteinte d’une génération sans Sida.La RDC a réduit de 52 % les nouvelles infections au VIH en dix ans. Pourtant, la prévention de la transmission mère-enfant (PTME) reste insuffisante.
Sur 17 000 maternités recensées dans le pays, seules 5 000 assurent les services de PTME, soit moins de 30 %. Conséquence : de nombreux enfants continuent de naître infectés. Blandine, 36 ans, mère de quatre enfants, a découvert sa séropositivité six mois après la naissance de son deuxième enfant, fréquemment malade. Son témoignage illustre les failles de prise en charge prénatale. Laetitia en est un autre exemple. Testée positive lors de sa grossesse, elle avait refusé les antirétroviraux sous le choc de l’annonce. Son bébé a été contaminé.
En novembre 2025, la RDC a officialisé l’introduction d’un nouveau traitement pédiatrique recommandé par l’OMS : le comprimé dispersible combinant Abacavir, Lamivudine et Dolutegravir (pALD). Plus simple à administrer, mieux toléré par les enfants, ce traitement représente une avancée majeure pour alléger le quotidien des familles et améliorer l’adhérence thérapeutique.
Dans son rapport 2025 publié pour la Journée mondiale de lutte contre le Sida, l’ONUSIDA alerte sur la baisse des financements internationaux, une situation qui menace les progrès déjà réalisés. Plusieurs pays ont pris des mesures d’urgence, mais en RDC, le mot d’ordre est clair : « Surmonter les perturbations et transformer la riposte au sida ». L’association La Main sur le Cœur, engagée auprès des orphelins du Sida, appelle l’État à intensifier son soutien pour renforcer la prise en charge psychosociale et médicale. Elle estime qu’un appui financier durable est indispensable pour combler les lacunes du système.
La RDC a réduit de 75 % les décès liés au VIH/Sida. Un progrès majeur. Mais pour atteindre l’objectif d’élimination de la transmission mère-enfant et espérer une génération sans Sida d’ici 2030, un impératif demeure : garantir à toutes les femmes enceintes l’accès aux consultations prénatales et aux services de prévention.
Patricia Panzu


