Le bidonville de Pakadjuma, l’un des quartiers les plus précaires et emblématiques de la capitale congolaise, a été démoli ce lundi par le gouvernement provincial de Kinshasa, en collaboration avec l’Office national des transports (Onatra). Une opération spectaculaire qui marque un tournant dans la lutte contre les constructions anarchiques dans la mégapole kinoise.
Installé depuis des années sur un terrain stratégique, Pakadjuma était devenu le symbole d’une urbanisation incontrôlée, où se mêlaient pauvreté extrême, activités informelles et insalubrité chronique. Sa démolition s’inscrit dans une politique plus large de récupération des emprises publiques et de réorganisation de l’espace urbain.
Selon les autorités provinciales, l’objectif principal de cette opération est de permettre à l’Onatra de récupérer un terrain spolié, indispensable à la relance du chemin de fer. Ce site constitue un maillon clé pour les infrastructures de transport, dans un contexte où la RDC cherche à moderniser ses réseaux ferroviaires pour soutenir l’économie et la mobilité urbaine.
La relance du rail est perçue comme un projet structurant, capable de désengorger Kinshasa, de faciliter les échanges commerciaux et de renforcer la connectivité entre les provinces. Si les autorités évoquent la nécessité de restaurer l’ordre urbain, la démolition de Pakadjuma soulève également des questions sociales majeures. Des milliers de familles vivaient dans ce bidonville, souvent sans titre foncier, mais avec des décennies d’ancrage communautaire.
La question du relogement des populations déguerpies reste au cœur des préoccupations, alors que la ville de Kinshasa fait face à une croissance démographique explosive et à un déficit chronique de logements décents.
JK


