La vigilance sanitaire est montée d’un cran en République démocratique du Congo. Les autorités ont décidé de maintenir, mardi, un bateau transportant plus de 200 passagers à environ 60 kilomètres de Kinshasa, après le signalement d’un cas suspect de maladie à virus Ebola. Une mesure préventive destinée à empêcher toute éventuelle propagation du virus vers la capitale.
Pour sécuriser l’opération, un laboratoire mobile a été déployé sur place. Des équipes de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont été mobilisées afin de procéder au dépistage systématique de tous les passagers ainsi que des membres de l’équipage. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a expliqué que l’alerte est partie de la zone de santé de Pimbu, dans la province de la Mongala. Selon lui, un voyageur ayant quitté le bateau a développé des symptômes après son débarquement.
Pris en charge dans une structure sanitaire, il est décédé peu après, poussant les autorités à déclencher les mécanismes de surveillance. Bien qu’aucune confirmation d’Ebola n’ait encore été établie, le Gouvernement privilégie le principe de précaution. Les autorités insistent sur le fait qu’il s’agit, à ce stade, d’un cas suspect et qu’aucun autre décès n’a été enregistré à bord de l’embarcation.
Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a confirmé que l’ensemble des voyageurs fera l’objet d’un dépistage. D’autres embarcations ont été déployées pour faciliter les opérations de contrôle, tandis qu’un dispositif de sécurité sanitaire a été installé autour du bateau afin d’éviter tout contact avec l’extérieur avant la fin des investigations.
En parallèle, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé le renforcement des capacités de préparation au point d’entrée de Maluku, dans l’est de Kinshasa. L’objectif est de garantir une réponse rapide et coordonnée en cas d’introduction du virus dans la capitale. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) apporte également son appui aux autorités congolaises dans la gestion de cette alerte sanitaire.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre du suivi épidémiologique en cours. Le dernier rapport des autorités sanitaires fait état d’investigations autour d’un décès suspect lié à Ebola survenu sur un bateau ayant quitté Kisangani entre le 19 et le 21 juillet, renforçant ainsi les mesures de contrôle sur les voies fluviales, essentielles au transport des populations en RDC.
Depuis le déclenchement de la 17ᵉ épidémie d’Ebola, le 15 mai 2026, provoquée par la souche Bundibugyo, la République démocratique du Congo poursuit une riposte intensive. Au 3 août, les autorités sanitaires dénombraient 3 874 cas confirmés, 1 751 décès et 749 personnes guéries. L’épidémie demeure concentrée dans cinq provinces, mais la surveillance reste renforcée sur l’ensemble du territoire afin de contenir toute nouvelle chaîne de transmission.
La rédaction de b-onetv.cd


