Dans une capitale où chaque embouteillage raconte l’urgence d’agir, Kinshasa s’apprête à écrire une nouvelle ligne dans son paysage urbain. Une ligne droite, ambitieuse, pensée pour respirer : le futur boulevard « Dr Étienne Tshisekedi ». Long de 1,8 kilomètre, cet axe stratégique viendra relier le carrefour des avenues ex-24 Novembre et Boulevard Triomphal à la place Bakayau, au cœur de la commune de Bandalungwa.
Un tracé court en apparence, mais décisif dans une ville où la circulation est devenue un défi quotidien. Pensé sur le modèle du Boulevard Triomphal, le futur ouvrage se veut résolument moderne : huit voies de circulation, réparties en 2×4 bandes, pour tenter de désengorger un corridor vital reliant le centre-ville à l’ouest de la capitale. Derrière cette architecture routière, une ambition claire : redonner du souffle à une mobilité urbaine souvent étouffée par la densité et l’improvisation.
Le projet, porté par le gouvernement dirigé par Daniel Bumba, s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des infrastructures de Kinshasa. L’exécution des travaux sera confiée à une entreprise chinoise, dont l’identité n’a pas encore été rendue publique, preuve que les contours du chantier restent encore en phase de structuration.
Mais au-delà de l’asphalte et des engins, ce boulevard porte une charge symbolique forte. Son nom rend hommage à Étienne Tshisekedi, figure majeure de l’histoire politique congolaise, ancien Premier ministre et opposant historique, dont l’héritage continue de marquer les imaginaires et les trajectoires du pays. Ainsi, ce futur axe ne sera pas seulement une voie de circulation. Il sera aussi un trait d’union entre passé et avenir, entre mémoire politique et exigence de modernité.
Une tentative, peut-être, de réconcilier la ville avec elle-même, en lui offrant des routes à la hauteur de ses ambitions. À Kinshasa, chaque route construite est une promesse. Celle de mieux circuler, certes, mais aussi celle d’avancer.
JK


