À l’issue de quatre jours de négociations intensives tenues du 13 au 17 avril 2026, le Gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) ont publié un communiqué conjoint inédit. Sous l’égide de médiateurs internationaux, les deux parties ont scellé des accords cruciaux pour stabiliser l’est du pays.
Un protocole pour l’urgence humanitaire
Le cœur de cette rencontre a porté sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire. Les belligérants se sont engagés àgarantir la sécurité des acteurs humanitaires et des infrastructures civiles (écoles, hôpitaux, réseaux d’énergie). Mais aussi à assurer la libre circulation des biens et des personnes sans distinction ethnique, religieuse ou politique.Ainsi qu’à sanctuariser les ressources vitales par lninterdiction stricte de détruire ou de piller les récoltes, le bétail et les réserves d’eau potable.
Vers une surveillance stricte du cessez-le-feu
L’une des avancées majeures réside dans l’opérationnalisation du Mécanisme Conjoint de Vérification Elargi Plus (MCVE+). En collaboration avec la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et avec le soutien logistique de la MONUSCO, les premières missions de vérification du cessez-le-feu permanent débuteront sous une semaine. Ce dispositif vise à transformer les promesses de Doha (signées le 15 novembre 2025) en une réalité tangible sur le terrain.
Libération de prisonniers et renforcement de la confiance
Pour consolider ce fragile édifice de paix, le communiqué annonce la libération de prisonniers dans un délai de 10 jours.Cette opération s’appuie sur les listes fournies par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), agissant comme tiers de confiance pour garantir la régularité des procédures. « Les Parties ont convenu de maintenir la dynamique du processus de paix et d’accélérer les négociations sur les protocoles restants », dit le communiqué conjoint.
Une médiation internationale de poids
Le succès de ce cycle de Montreux souligne l’efficacité de la diplomatie multilatérale. Outre la Suisse comme hôte, le processus a bénéficié du soutien actif de l’État du Qatar et des États-Unis, d la République togolaise (médiateur de l’Union africaine) et, enfin, de la Commission de l’Union Africaine. Si ce communiqué marque une étape pleine d’espoir, le regard des observateurs se tourne désormais vers l’Est de la RDC, où l’application concrète de ces engagements sur le terrain sera le véritable test de la volonté de paix des deux camps.
Ngubaa Yambushi Danny


