Le football congolais aime les dribbles imprévisibles. Mais cette fois, le geste est venu en dehors du terrain. À la dernière minute, dans un silence presque calculé, Shabani Nonda a fait irruption au siège de la Fédération Congolaise de Football Association. Objectif : déposer sa candidature à la présidence.
Sans déclaration. Sans annonce. Juste une présence… et un séisme. Car personne ne l’avait vraiment vu venir. Pas les observateurs, pas les acteurs du milieu, encore moins ses potentiels concurrents. En choisissant le tout dernier jour des dépôts pour apparaître, l’ancien buteur des Léopards a transformé une formalité administrative en véritable coup de théâtre. Une entrée tardive, mais fracassante, qui rebat instantanément les cartes d’un scrutin jusque-là prévisible.
Sur le papier, le profil intrigue. Nonda, c’est l’expérience du haut niveau, les pelouses européennes, la rigueur des grands clubs, la culture du résultat. Un homme qui a vécu le football de l’intérieur, au plus près des exigences des joueurs. Une légitimité sportive indéniable, dans un environnement où beaucoup réclament justement un retour aux fondamentaux du jeu et à une gestion plus proche du terrain.
Mais le football ne se joue pas qu’avec les pieds. Et diriger la FECOFA, ce n’est ni marquer des buts ni soulever des trophées. C’est naviguer dans des eaux souvent troubles, entre enjeux politiques, défis structurels, pressions internes et attentes populaires immenses. C’est transformer une institution fragilisée en machine crédible, transparente et performante.
Alors, derrière le geste spectaculaire, une question s’impose : s’agit-il d’un véritable projet ou d’un coup d’éclat ? Car surprendre est une chose. Convaincre en est une autre. Le silence de Nonda, jusqu’ici, intrigue autant qu’il fascine. Aucun mot, aucune ligne directrice dévoilée, aucune vision explicitée. Un mystère qui alimente toutes les hypothèses. Stratégie maîtrisée ou improvisation ? Ambition construite ou pari audacieux ?
Une chose est certaine : avec cette entrée inattendue, la course à la présidence de la FECOFA vient de changer de rythme. Et dans ce nouveau match qui s’ouvre, il ne suffira pas de surprendre. Il faudra désormais rassurer, structurer… et prouver.
Junior Kulele


