Le coup d’envoi est donné. Dans les couloirs agités du football congolais, la bataille pour la présidence de la Fédération congolaise de football association s’annonce aussi stratégique qu’imprévisible. À la clôture du dépôt des candidatures provisoires, neuf prétendants se sont officiellement positionnés, transformant cette échéance électorale en un véritable théâtre d’ambitions et de visions pour l’avenir du ballon rond national.
Le mardi 21 avril restera comme une journée charnière. Dès les premières heures de la matinée jusqu’à la tombée de la nuit, le siège de la commission électorale a vibré au rythme d’un défilé ininterrompu de candidats, chacun porteur d’un projet, d’un réseau et d’une lecture singulière de la crise et des espoirs du football congolais. Sur la ligne de départ, une mosaïque de profils : Aziz Makukula, Bosco Mwehu, Didier Massamba, Jean-Claude Mukanya, Kevin Issa, Max Mayaka, Patrice-Rainier Mangenda, Veron Mosengo… et surtout un nom qui capte déjà toutes les attentions : Shabani Nonda.
Car au-delà du simple dépôt de candidature, l’entrée en lice de l’ancien capitaine des Léopards a produit un véritable électrochoc. L’“effet Nonda” n’est pas qu’un slogan : c’est une dynamique. Figure respectée, symbole d’une génération dorée et voix crédible aux yeux de nombreux acteurs du football, il incarne pour certains une rupture attendue avec les pratiques du passé. Pour d’autres, un pari risqué dans un environnement où l’expérience administrative pèse lourd.
Derrière chaque candidat, ce sont des équipes complètes qui se dessinent, des alliances qui se nouent et des équilibres qui se négocient. Chaque liste déposée esquisse déjà les contours du futur comité exécutif, révélant les jeux d’influence à l’œuvre dans les ligues, les clubs et les instances sportives. Mais la course ne fait que commencer. La commission électorale devra désormais passer au crible chaque dossier afin d’en vérifier la conformité. Une étape décisive qui pourrait rebattre les cartes avant même le début officiel de la campagne.
Le calendrier est, lui, déjà fixé : publication de la liste définitive des candidats le 11 mai, avant un scrutin attendu le 20 mai. D’ici là, les tractations s’intensifieront, les discours s’affineront et les soutiens se consolideront dans une bataille où chaque voix comptera. À mesure que l’échéance approche, une certitude s’impose : cette élection dépasse la simple désignation d’un président. Elle cristallise les attentes d’un renouveau, les tensions d’un système en quête de crédibilité et l’espoir, toujours intact, de voir le football congolais retrouver toute sa grandeur sur la scène continentale et internationale.
Junior Kulele


