Il y a des candidatures qui naissent dans les bureaux… et d’autres qui émergent dans le cœur du public. Celle de Shabani Nonda appartient clairement à la seconde catégorie. Figure respectée, symbole d’une époque lumineuse du football congolais, il s’avance aujourd’hui avec une promesse : restaurer la grandeur perdue. Pendant des années, il est resté en retrait, observateur attentif d’un système en perte de repères. Mais l’heure n’est plus à la contemplation.
En se lançant dans la course à la tête de la Fédération congolaise de football association, l’ancien capitaine transforme l’espoir populaire en ambition politique. Dans les rues, sur les réseaux, dans les gradins, son nom résonne comme une évidence. Pour une jeunesse désabusée et des acteurs en quête de renouveau, Nonda incarne une alternative. Une figure capable de reconnecter le football congolais à son histoire et à son potentiel.
Mais derrière cet élan populaire se cache une réalité plus froide, plus stratégique : celle des urnes. Car à la FECOFA, ce ne sont pas les foules qui votent. Ce sont 68 électeurs bien identifiés membres de l’Assemblée générale, clubs de Ligue 1 et 2, ligues provinciales, associations d’arbitres, anciens joueurs ou encore représentants du football féminin. Un microcosme où l’influence, les alliances et les équilibres pèsent souvent plus que la ferveur populaire. C’est là que se joue le véritable match.
Transformer l’adhésion populaire en majorité électorale : voilà le défi. Et il est de taille. Car en face, les profils sont solides. Veron Mosengo-Omba, technocrate aguerri, capitalise sur son expérience au sein des instances internationales comme la FIFA et la CAF. À ses côtés, Bosco Mwehu, homme de terrain, maîtrise les rouages du football local et dispose d’un réseau influent au sein des décideurs.
Dans cette configuration, le charisme ne suffit pas. Il faut convaincre, négocier, rassurer. Il faut parler le langage des électeurs, comprendre leurs attentes, leurs intérêts, leurs équilibres. La question devient alors centrale : Nonda peut-il convertir l’amour du public en votes décisifs ? Rien n’est encore joué. Mais une chose est certaine : dans cette élection, être le candidat du peuple est un atout… pas une garantie. Et au soir du scrutin, une seule vérité comptera : celle des urnes.
Junior Kulele


