Après l’adoption massive par l’Assemblée nationale des deux projets de loi ratifiant l’accord de paix avec le Rwanda et le partenariat stratégique avec les États‑Unis, le Président de la Chambre Basse, Aimé Boji Sangara, a formulé une série de recommandations à l’intention du gouvernement. Ces orientations, lues en séance plénière par le rapporteur Jacques Djoli, sont le fruit de consultations menées avec les forces vives de la nation.
Elles couvrent aussi bien le volet économique du partenariat américano‑congolais que les aspects sécuritaires de l’accord avec Kigali. S’agissant du partenariat stratégique avec les États‑Unis, Aimé Boji a identifié trois axes prioritaires. Il appelle d’abord à améliorer rapidement le climat des affaires afin de rendre la RDC plus compétitive et plus sûre juridiquement pour les investisseurs étrangers.
Il recommande ensuite de mettre en place des mécanismes de sensibilisation pour favoriser l’appropriation de l’accord par la population, en expliquant clairement les bénéfices et les contreparties attendus. Enfin, il préconise la création d’une task force nationale et multisectorielle chargée du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre de l’accord, afin d’assurer une coordination efficace entre les différents ministères et de garantir la transparence des actions entreprises.
Concernant l’accord de paix avec le Rwanda, le président de l’Assemblée nationale a formulé trois recommandations complémentaires. Il demande de réviser le concept des opérations conjointes avec le Rwanda en y associant un calendrier actualisé et des mesures correctives claires, pour rendre les engagements opérationnels et fixer des échéances précises. Il propose également d’instaurer une task force interinstitutionnelle pour le suivi de l’accord, permettant une vigilance parlementaire permanente et évitant toute dérive dans l’exécution.
Enfin, il insiste sur la mise en place de mécanismes rigoureux encadrant l’intégration conditionnelle d’éléments issus des groupes armés au sein des forces armées congolaises. Ce point est particulièrement sensible : l’intégration doit se faire selon des critères stricts pour ne pas fragiliser les institutions de défense. À cette fin, des programmes de sensibilisation destinés à la population doivent également être développés. Ces six recommandations interviennent alors que l’ONG CARE a récemment mis en garde contre le risque que l’accord de paix ne devienne « une autre promesse non tenue ».
Pour les millions de déplacés dans l’Est du pays, la priorité absolue reste la fin effective des combats et un accès humanitaire réel. Les députés se sont engagés à exercer un contrôle parlementaire rigoureux pour que ces textes se traduisent par des avancées tangibles sur le terrain. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra traduire ces orientations en actes concrets dans les mois à venir.
Danny Ngubaa Yambushi


