Le climat politique se tend davantage en République démocratique du Congo. Réunie ce jour à Kinshasa, l’opposition congolaise a appelé à une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin afin de protester contre ce qu’elle qualifie de « rébellion de Félix Tshisekedi contre la Constitution ». Une sortie musclée qui marque une nouvelle étape dans l’affrontement politique autour du projet de révision ou de changement constitutionnel porté par la majorité au pouvoir.
Dans une déclaration au ton particulièrement offensif, les opposants accusent le chef de l’État, Félix Tshisekedi, de vouloir ouvrir la voie à un troisième mandat en violation de la Constitution de 2006. Ils lui reprochent également d’avoir, selon leurs termes, « partagé la gestion du pays avec Paul Kagame », dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’Est de la RDC.
Cette montée de tension intervient après une semaine agitée à l’Assemblée nationale. Le mercredi 27 mai dernier, le groupe parlementaire « Ensemble », unique force d’opposition représentée à la chambre basse, avait boycotté l’examen de la proposition de loi initiée par le député Paul Gaspard Ngondankoy. Ce texte vise à fixer les modalités d’organisation d’un référendum et a été jugé recevable, sous amendements, par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ).
Face à cette contestation, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, avait minimisé le boycott de l’opposition, affirmant que « si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de sortir de la plénière ». Pour les opposants, cette proposition de loi constitue un « habillage juridique » destiné à modifier l’ordre constitutionnel actuel. Ils dénoncent un processus engagé alors qu’une partie du territoire national reste sous menace de la rébellion AFC/M23 et sous état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
L’opposition estime qu’un débat constitutionnel dans un tel contexte représente un risque majeur pour la stabilité nationale et l’unité du pays. Elle parle même d’un « complot ourdi contre la Constitution » et appelle la population kinoise à observer massivement la journée « ville morte » pour exprimer son rejet du projet. À quelques jours de cette mobilisation annoncée, Kinshasa retient son souffle dans un climat politique de plus en plus électrique, où majorité et opposition semblent désormais engagées dans une confrontation sans concession autour de l’avenir institutionnel du pays.
JK


