Pendant trois jours, elle a résisté. Trois jours durant lesquels l’espoir a refusé de céder face à l’impuissance. Échouée sur la plage de Muanda, dans la province du Kongo-Central, la baleine qui avait ému tout le pays est finalement morte, malgré les multiples tentatives entreprises pour lui redonner une chance de regagner l’océan.

Quelques heures avant l’issue fatale, un nouvel élan d’espoir était pourtant né. Grâce à un engin lourd mobilisé et dépêché depuis Matadi par le gouvernement provincial, les équipes de secours étaient parvenues à déplacer le gigantesque cétacé jusqu’aux abords de l’océan. Une troisième tentative de sauvetage avait alors été engagée, malgré les nombreuses difficultés techniques liées au poids de l’animal et aux conditions du terrain.
Jusqu’au bout, les équipes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), appuyées par les autorités provinciales et des volontaires, ont mené une véritable course contre la montre. Mais le temps avait déjà fait son œuvre. Après plusieurs jours passés hors de son milieu naturel, la baleine n’a finalement pas survécu.

L’émotion suscitée par son échouage a largement dépassé les frontières de Muanda. Les images de l’animal luttant pour sa survie ont profondément marqué l’opinion publique, tout en relançant le débat sur les moyens d’intervention disponibles en République démocratique du Congo face à ce type de situation exceptionnelle.
Une inhumation conforme aux normes environnementales
Après le décès du cétacé, une nouvelle opération s’organise désormais : celle de son inhumation. Un engin de levage, acheminé depuis Matadi par le gouvernement provincial, est arrivé à Muanda afin de déplacer la carcasse. Selon les informations recueillies sur place, une forte odeur de décomposition commence déjà à se dégager, conséquence naturelle du décès de l’animal.
Face aux risques sanitaires, l’ICCN maintient son interdiction formelle de consommer la viande de la baleine. Les responsables de l’institution mettent en garde la population contre tout contact avec la carcasse, rappelant que celle-ci peut présenter des dangers pour la santé publique. Le lieu exact de l’inhumation n’a pas encore été dévoilé. Toutefois, l’ICCN indique que la baleine sera enterrée dans l’une de ses concessions à Muanda, selon les procédures prévues pour ce type de mammifère marin.

Malgré ces avertissements, de nombreux curieux continuent d’affluer autour de la carcasse pour observer de près cet animal hors du commun, s’exposant ainsi à d’éventuels risques sanitaires. La disparition de cette baleine met un terme à une mobilisation qui aura tenu le pays en haleine pendant trois jours. Si le sauvetage n’a pu aboutir, cet épisode rappelle la nécessité de renforcer les capacités d’intervention en matière de protection de la faune marine sur les côtes congolaises, afin que de telles situations puissent, à l’avenir, connaître une issue plus favorable.
La rédaction de b-onetv.cd


