Le gouvernement congolais hausse le ton. Face à des créances impayées qui s’élèvent à près de 350 millions de dollars américains, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a décidé de passer à la vitesse supérieure. L’objectif est clair : récupérer les fonds du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) encore détenus par des particuliers et des entreprises, parfois depuis près de deux décennies.
En présidant une réunion stratégique de la Commission spéciale chargée du recouvrement forcé de ces créances, la cheffe du gouvernement a envoyé un message sans équivoque : le temps de la complaisance est révolu. « Il n’est pas normal que des personnes ayant reçu de l’argent de l’État ne le rendent pas », a-t-elle martelé, réaffirmant la volonté du gouvernement de faire respecter les engagements contractuels et de restaurer la discipline financière.
Cette campagne vise des bénéficiaires de financements du FPI qui, malgré les échéances fixées, n’ont jamais remboursé les sommes mises à leur disposition. Pour l’exécutif, ces ressources constituent pourtant un levier essentiel pour financer de nouveaux projets industriels et soutenir la diversification de l’économie nationale.
Le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba, a révélé que certaines de ces créances datent de près de vingt ans. Il déplore la mauvaise foi de plusieurs débiteurs qui continuent de se soustraire à leurs obligations, privant ainsi le pays de moyens importants pour accompagner l’industrialisation. Face à cette situation, le gouvernement entend désormais utiliser tous les mécanismes prévus par la loi. Les débiteurs insolvables ou réfractaires pourraient être soumis à des procédures de recouvrement forcé, avec des mesures de contrainte destinées à protéger les intérêts du Trésor public.
Au-delà de la récupération des 350 millions de dollars, cette opération traduit une volonté plus large de renforcer la gouvernance financière, de lutter contre l’impunité économique et de responsabiliser tous les bénéficiaires de fonds publics. Pour l’exécutif, chaque dollar recouvré représente une ressource susceptible d’être réinvestie dans le développement industriel, la création d’emplois et la relance de l’économie congolaise.


