Face à la progression de l’épidémie de maladie à virus Ebola au Nord-Kivu, Médecins Sans Frontières renforce son dispositif de riposte. En partenariat avec le ministère de la Santé, l’organisation humanitaire vient d’ouvrir un Centre de traitement Ebola à Beni, l’une des zones les plus affectées par la maladie. L’ouverture de ce centre doit permettre d’améliorer la détection des cas, d’accélérer leur prise en charge et de renforcer le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades.

Pour MSF, la rapidité constitue l’une des principales armes contre le virus. « Chaque heure compte dans la lutte contre Ebola », souligne Albert Stern, coordinateur des urgences de l’organisation. Un diagnostic précoce et un traitement rapide dès l’apparition des premiers symptômes peuvent considérablement améliorer les chances de survie et limiter les risques de transmission.
Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie touche désormais six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo. Au 22 août, 714 cas confirmés et 490 décès avaient été rapportés. Beni et Butembo comptent parmi les principaux foyers de la maladie. Mais à la menace du virus s’ajoute celle de la peur. MSF alerte sur les rumeurs et les craintes liées à la fréquentation des structures sanitaires, qui peuvent retarder la consultation des patients.
L’organisation insiste également sur la nécessité de maintenir les soins courants, notamment pour les personnes souffrant de paludisme, d’infections respiratoires ou de diarrhée. Dans la ville de Beni, les populations peuvent bénéficier de consultations gratuites dans les centres de santé de Kanzulinzuli, Malepe, Madrandele et Kasabinyole. Dix-huit salles d’isolement sont déjà opérationnelles, tandis que cinq autres sont en construction à Kasabinyole.

Avec ce nouveau Centre de traitement Ebola, les acteurs de la riposte veulent gagner la course contre la montre : diagnostiquer plus vite, soigner plus tôt et contenir davantage la propagation du virus.
Jehovani Mulumba


