Dans plusieurs régions du pays, l’environnement scolaire demeure difficile : salles de classe insuffisantes, bâtiments dégradés, manque de mobilier, sanitaires précaires, accès limité à l’eau potable et conditions d’apprentissage parfois incompatibles avec les exigences d’une éducation moderne. Cette disparité territoriale est l’un des grands défis de l’école congolaise.
L’enfant de Kinshasa, celui d’une grande ville provinciale et celui d’une zone rurale ou affectée par les conflits ne commencent pas nécessairement leur parcours avec les mêmes chances. L’école congolaise reste donc confrontée à une double bataille : augmenter l’offre scolaire et réduire les inégalités entre territoires.
À l’Est, l’école est aussi victime de la guerre. La rentrée du 1er septembre ne sera surtout pas vécue de la même manière dans toutes les provinces. Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les conflits ont déplacé des populations, désorganisé les communautés et interrompu le parcours scolaire de nombreux enfants. Pour ces élèves, la question n’est parfois même plus celle de la qualité des enseignements. C’est celle de l’accès tout court à une salle de classe.
Écoles occupées, endommagées ou fermées, familles déplacées, enseignants eux-mêmes affectés par l’insécurité : le conflit transforme l’éducation en une urgence humanitaire. L’enjeu pour l’État est donc de mettre en place des mécanismes de continuité scolaire : classes temporaires, dispositifs d’accueil, accompagnement psychosocial, matériel pédagogique et solutions adaptées aux enfants déplacés.
Car une génération privée d’école aujourd’hui peut devenir une génération fragilisée demain. À cette équation sécuritaire s’ajoute désormais la question sanitaire. La RDC traverse une période marquée par plusieurs alertes épidémiologiques. Dans le contexte actuel de l’épidémie d’Ebola, la vigilance dans les établissements scolaires devient particulièrement importante dans les zones concernées ou exposées.
L’école peut être un espace de transmission, mais elle peut aussi devenir un formidable espace de prévention. Surveillance des symptômes, hygiène des mains, accès à l’eau, assainissement, information des élèves et enseignants, mécanismes d’alerte et coordination avec les services de santé : la réponse sanitaire doit accompagner la rentrée et non intervenir seulement après l’apparition d’un problème. Dans les zones fragilisées par les conflits et les déplacements de populations, cette vigilance devient encore plus complexe.
Junior Kulele


