Des millions d’élèves attendus ce 1er septembre, mais derrière la rentrée officielle se joue une bataille beaucoup plus vaste : celle de la qualité, de la stabilité et de l’équité du système éducatif congolais. Ce 1er septembre 2026, les portes des écoles congolaises s’ouvrent pour une nouvelle année scolaire. Sur le calendrier, tout paraît simple : reprendre les cours, retrouver les enseignants, remettre les élèves sur le chemin de l’école.
Mais derrière cette date se cache une réalité autrement plus complexe. Car la véritable question de cette rentrée n’est pas seulement de savoir si les écoles ouvriront leurs portes. Elle est de déterminer si le système éducatif est réellement capable d’assurer, partout en République démocratique du Congo, un enseignement régulier, sécurisé, accessible et de qualité. Quelle école pour quels enfants ? Avec quels enseignants ? Dans quelles conditions ? Et surtout, avec quels résultats ?
Le Gouvernement en a fait une priorité. Lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, le 14 août dernier, Félix Tshisekedi a demandé la mise en place d’un dispositif spécial pour sécuriser la rentrée scolaire. La consigne présidentielle porte sur plusieurs fronts : dialogue avec les enseignants, mobilisation des ressources, consolidation de la gratuité, sécurité, santé et prise en charge des enfants affectés par les conflits.
La Première ministre Judith Suminwa doit coordonner ce dispositif avec le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. Le message est donc clair : la réussite de la rentrée ne se mesurera pas uniquement au nombre d’écoles ouvertes ce 1er septembre. Elle se mesurera à la capacité de l’État à faire fonctionner durablement ces écoles.
Une rentrée qui se joue aussi dans les embouteillages. Dans la capitale, une autre bataille commence chaque matin : celle de la mobilité. Des milliers d’élèves, de parents et d’enseignants se déplacent simultanément. La congestion routière peut transformer quelques kilomètres en une longue épreuve.
Les autorités prévoient ainsi un dispositif spécial de circulation et de sécurisation autour des établissements scolaires et sur les grands axes aux heures de pointe. Mais là encore, la question dépasse le seul 1er septembre. La mobilité scolaire est une question d’organisation urbaine. Elle suppose une coordination durable entre établissements, autorités provinciales, police de circulation et services de transport.
Le défi consiste donc à transformer les acquis quantitatifs en progrès qualitatifs. Ce 1er septembre n’est donc qu’un commencement. La rentrée scolaire 2026-2027 sera réussie si les écoles ouvrent ce 1er septembre. Mais elle le sera davantage si elles restent ouvertes dans les semaines et les mois qui suivent. Si les enseignants sont régulièrement payés. Si les enfants déplacés retrouvent un parcours scolaire.
Si les établissements disposent de conditions sanitaires acceptables. Si les classes deviennent moins surchargées. Si les infrastructures progressent. Si les enseignants sont mieux formés. Et surtout, si les élèves apprennent réellement. L’enjeu n’est donc plus seulement de scolariser des millions d’enfants. Il est de construire une école capable de préparer des millions de destins.
Le compte à rebours est lancé. Mais derrière cette date officielle se joue une bataille de long terme : celle d’un système éducatif capable de survivre aux crises, de résister aux inégalités et de donner à chaque enfant congolais, qu’il vive à Kinshasa, dans une zone rurale ou au cœur d’une région en conflit, la même promesse : celle d’un avenir construit par le savoir.
Junior Kulele


