La RDC veut mieux connaître son sous-sol pour mieux maîtriser ses richesses. Kinshasa accélère la cartographie géologique, la numérisation des archives et la création d’une banque nationale de données géologiques. Selon le Service géologique national du Congo, cette banque devrait être opérationnelle d’ici fin 2026. Elle doit centraliser les informations accumulées au fil des décennies et renforcer la connaissance du potentiel minier national.
Un vaste programme confié à Xcalibur, pour un montant annoncé de 180 millions de dollars, prévoit notamment des opérations de géophysique aéroportée sur plus de 700 000 kilomètres carrés. Objectif : identifier de nouvelles zones à potentiel en cuivre, cobalt, lithium, or, tantale et autres minerais stratégiques. L’enjeu est majeur : environ un cinquième seulement du territoire aurait fait l’objet d’une exploration systématique.
La RDC veut donc élargir la recherche au-delà des zones minières déjà connues. Mais cette banque de données soulève aussi une question de gouvernance. Certaines informations pourraient être accessibles gratuitement, tandis que les données à forte valeur commerciale seraient payantes. Pour Kinshasa, la maîtrise de ces informations doit permettre à l’État de mieux évaluer les gisements, d’attirer les investissements et surtout de négocier avec les opérateurs miniers en disposant de ses propres données.
Après la bataille autour du cobalt et des minerais critiques, la RDC ouvre ainsi un nouveau front : celui de l’information géologique. Connaître son sous-sol, c’est aussi mieux maîtriser son avenir minier.
JK


