Il y a 25 ans, le monde basculait avec les attentats contre le World Trade Center à New York. Le 11 septembre 2001 devenait le symbole d’un nouveau visage du terrorisme international. Un quart de siècle plus tard, alors que les États-Unis commémorent les victimes, la RDC fait face, dans sa partie Est, à une menace qui porte elle aussi le sceau du terrorisme.

Le 11 septembre 2001 n’a pas seulement changé les États-Unis. Il a profondément transformé les politiques de sécurité dans le monde. Coopération antiterroriste, renseignement, contrôle des financements, surveillance des frontières : la lutte contre le terrorisme est devenue une priorité internationale. Quelques semaines après les attentats, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait la résolution 1373, imposant aux États de renforcer leur coopération contre le terrorisme et son financement.
Vingt-cinq ans plus tard, la menace n’a pas disparu. Elle s’est transformée et s’est déplacée vers d’autres territoires. En RDC, les ADF sont aujourd’hui présentées par Kinshasa comme une organisation terroriste active dans l’Est du pays. Massacres de civils, enlèvements, violences et attaques contre les communautés : leur mode opératoire entretient une insécurité permanente.

Devant le Conseil de sécurité en août 2026, la RDC a encore dénoncé les attaques des ADF et souligné leurs connexions avec la criminalité organisée, les trafics et l’exploitation illégale des ressources naturelles. Le parallèle avec le 11 septembre doit cependant être manié avec prudence : la RDC n’est pas les États-Unis et les ADF ne sont pas Al-Qaïda. Mais une même réalité interpelle : le terrorisme peut prospérer là où se combinent conflits armés, faiblesse institutionnelle, frontières difficiles à contrôler, trafics et pauvreté.
C’est peut-être l’une des grandes leçons du 11 septembre pour la RDC. La réponse au terrorisme ne peut pas se limiter aux opérations militaires. Elle passe aussi par le renseignement, la coopération régionale, le contrôle des financements, la justice, la sécurisation des frontières et surtout la protection des populations. Kinshasa reconnaît aujourd’hui elle-même la nécessité d’une approche globale, combinant sécurité, lutte contre les financements illicites, coopération judiciaire, prévention de l’extrémisme violent et développement.

25 ans après, la même question demeure
Le 11 septembre 2001 avait montré au monde qu’aucun pays ne pouvait considérer sa sécurité comme définitivement acquise. En 2026, cette leçon résonne particulièrement en RDC : comment empêcher que les violences de l’Est ne deviennent un terreau permanent pour le terrorisme et les réseaux criminels ?
Vingt-cinq ans après l’effondrement des tours jumelles, le monde se souvient des victimes de New York. Mais pour la RDC, cette commémoration doit aussi être un rappel : la lutte contre le terrorisme commence bien avant qu’un drame ne devienne mondial. Elle commence par la prévention, le renseignement, la justice et la protection des populations.
Junior Kulele


