La crise humanitaire congolaise continue de s’aggraver alors que les ressources disponibles restent largement en deçà des besoins. Sur les 2,13 milliards de dollars nécessaires pour financer le plan de réponse humanitaire révisé en RDC, seulement 50,5 % avaient été mobilisés au 28 septembre. Un déficit qui inquiète les Nations unies.
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, mardi 29 septembre, James Swan, représentant du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, a appelé les États membres à renforcer leur soutien à la réponse humanitaire en République démocratique du Congo. La situation est marquée par la superposition de plusieurs crises : conflits armés, déplacements massifs de populations, insécurité alimentaire et résurgence de l’épidémie d’Ebola.
Un enchevêtrement de facteurs qui touche particulièrement les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants. « Ces violations des droits humains surviennent dans un contexte humanitaire où se conjuguent conflits, déplacements de population, insécurité alimentaire et épidémie d’Ebola, avec de graves conséquences pour les femmes et les enfants », a déclaré James Swan. L’ampleur des besoins se mesure également aux chiffres.
Selon James Swan, environ 26,5 millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en RDC. Le pays compte également quelque 6,1 millions de déplacés internes, conséquence notamment de la persistance des violences dans plusieurs régions. Face à cette situation, les acteurs humanitaires ont revu à la hausse leurs besoins et adapté leur plan d’intervention.
Le nouveau Plan de réponse humanitaire prévoit de mobiliser 2,13 milliards de dollars afin d’assister environ 10,7 millions de personnes parmi les plus vulnérables. Mais avec un financement limité à 50,5 % à la fin du mois de septembre, les acteurs humanitaires font face à un important déficit. James Swan a ainsi exhorté les États membres à « maintenir et à accroître leur soutien ».
À cette crise humanitaire déjà complexe s’ajoute la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée en RDC. L’Ituri, déjà fragilisée par les conflits armés et les déplacements de populations, fait partie des zones nécessitant une attention particulière. Cette situation a conduit les autorités congolaises et leurs partenaires à revoir leurs priorités d’intervention afin de renforcer l’assistance aux populations affectées.
L’évolution des besoins traduit l’ampleur du défi. Au début de l’année, le gouvernement et la communauté humanitaire avaient lancé un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars pour répondre aux besoins essentiels de millions de Congolais. À cette période, près de 15 millions de personnes étaient considérées comme étant en situation de détresse.
Depuis, l’évaluation humanitaire a été revue à la hausse : 18,5 millions de personnes nécessitent désormais une assistance. Mais face aux contraintes financières, le dispositif cible prioritairement un peu plus de 10,8 millions de bénéficiaires. L’équation humanitaire congolaise apparaît donc de plus en plus difficile à résoudre : les besoins augmentent tandis que les financements restent insuffisants.
Avec seulement la moitié des fonds nécessaires mobilisés, les acteurs humanitaires doivent faire des choix dans un pays où les crises se superposent et où des millions de personnes dépendent de l’aide pour accéder aux besoins essentiels. Pour les Nations unies, l’urgence est désormais de réduire ce déficit financier afin d’éviter que l’insuffisance des ressources ne se traduise par une réduction de l’assistance destinée aux populations les plus vulnérables.
La rédaction de b-onetv.cd


