De Paris à Bruxelles, Kinshasa veut mieux connaître les Congolais établis à l’étranger. Le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Crispin Mbadu Phanzu, a lancé la phase pilote du programme d’identification numérique de la diaspora congolaise, une initiative destinée à constituer une base de données fiable sur les compétences et les profils des Congolais de l’étranger.

La première étape a été lancée le 27 septembre 2026 à Paris, à l’ambassade de la République démocratique du Congo en France. Deux jours plus tard, le ministre a poursuivi l’opération à Bruxelles, où il a officiellement présenté la plateforme diaspora.gouv.cd. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de l’atelier organisé en novembre 2025, qui avait permis de compiler plusieurs années de réflexions sur les préoccupations, les attentes et la contribution de la diaspora congolaise au développement du pays.
À travers cette plateforme numérique, les Congolais vivant à l’étranger sont appelés à s’enregistrer et à renseigner notamment leur parcours académique, leurs domaines de spécialisation ainsi que les formes de contribution qu’ils souhaitent apporter à la RDC. L’objectif est de disposer progressivement d’une base de données permettant à l’État de mieux connaître les compétences disponibles au sein de la diaspora et de mieux orienter les politiques et initiatives qui lui sont destinées.
Le dispositif doit également intégrer des mécanismes de protection et de sécurisation des informations recueillies. Pour Crispin Mbadu, l’identification constitue surtout un préalable à une mobilisation plus structurée des compétences congolaises établies à l’étranger. « Où que vous soyez, vous appartenez pleinement à la Nation congolaise. Vous n’êtes pas de simples spectateurs : vous êtes des acteurs indispensables de son développement », a déclaré le ministre.
Il résume la philosophie du programme en une formule : « Identifier pour connaître, connaître pour connecter, connecter pour valoriser et valoriser pour contribuer. » Les étapes de Paris et de Bruxelles ont également permis au ministre de présenter le projet de Carte Okapi, destiné notamment aux personnes d’origine congolaise ayant acquis une nationalité étrangère ainsi qu’aux enfants d’origine congolaise nés à l’étranger.
Cette carte doit permettre de maintenir un lien institutionnel avec la RDC et de faciliter l’identification des bénéficiaires comme membres de la diaspora congolaise. Selon les explications présentées par le ministre, elle devrait également ouvrir l’accès à certains avantages, notamment dans les domaines foncier et financier, ainsi qu’à des facilités administratives pour l’entrée sur le territoire congolais, avec une procédure de visa simplifiée.
Après la France et la Belgique, le programme doit progressivement s’étendre à d’autres représentations diplomatiques et consulaires de la RDC. À travers cette phase pilote, le gouvernement entend poser les bases d’un dispositif permettant de passer d’une diaspora connue de manière générale à une diaspora identifiée, documentée et mieux connectée aux initiatives nationales.
Le véritable enjeu sera désormais de transformer les données collectées en passerelles concrètes : coopération, investissement, transfert de compétences, transmission du savoir et participation aux projets de développement. De Paris à Bruxelles, le message porté par Crispin Mbadu est donc clair : l’identification n’est pas présentée comme une finalité, mais comme le point de départ d’une mobilisation plus organisée des Congolais de l’étranger.
JK


