Le changement de nom ne change pas les obligations. Washington rappelle Kinshasa et le mouvement rebelle désormais appelé Front pour la refondation de la nation (FRN) à respecter leurs engagements et à faire avancer les négociations de Doha, dans l’espoir de parvenir à une issue politique à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la région des Grands Lacs, le mardi 13 octobre, l’ambassadeur américain Jeffrey Bartos a exhorté les deux parties à capitaliser sur les avancées déjà obtenues afin de conclure les protocoles encore en discussion sous la médiation du Qatar. Washington a également insisté sur la nécessité de coordonner les initiatives diplomatiques de Doha et de Washington avec les efforts de médiation conduits par l’Union africaine, sous l’égide du président togolais Faure Gnassingbé.
Les États-Unis ont salué les premières missions du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVR+) menées à Minembwe, au Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu. Avec l’appui opérationnel de la MONUSCO, ces missions doivent permettre d’examiner les accusations de violations du cessez-le-feu et de limiter les différends entre les parties. Washington a également considéré comme un signal encourageant le transfert par Kinshasa de 15 détenus affiliés à la rébellion, dans le cadre du protocole d’échange de prisonniers.
Pour l’administration américaine, le respect de ces engagements peut contribuer à rétablir la confiance nécessaire à la poursuite des négociations. De son côté, le FRN a affirmé qu’il succède à l’AFC/M23 et reprend l’ensemble de ses droits, obligations et engagements, notamment ceux souscrits dans le cadre du processus de Doha.
Signée le 15 novembre 2025 sous l’égide du Qatar, la feuille de route de Doha prévoit huit protocoles destinés à encadrer le règlement du conflit. Deux portent notamment sur la libération des prisonniers et la surveillance du cessez-le-feu. Les six autres concernent l’accès humanitaire, la restauration de l’autorité de l’État, les arrangements sécuritaires et le désarmement, le retour des déplacés et des réfugiés, la relance économique ainsi que la justice et la réconciliation.
Malgré les rencontres organisées entre Doha et Montreux, plusieurs de ces dossiers restent bloqués, tandis que les hostilités continuent sur le terrain. La pression diplomatique américaine intervient dans un contexte marqué par la restructuration de l’ancien AFC/M23 autour du FRN, placé sous la direction de Joseph Kabila. Pour Washington, cette évolution politique ne saurait effacer les engagements déjà pris.
Reste à savoir si cet appel permettra de relancer concrètement les discussions et de rapprocher les parties d’un accord durable, alors que les populations de l’Est continuent de subir les conséquences du conflit.
La rédaction de b-onetv.cd


