À Kinshasa, les chauffeurs veulent des comptes et des solutions. Après plusieurs années de paiement de la taxe de stationnement, ils disent ne toujours pas voir les infrastructures promises, tandis que les embouteillages et la hausse des charges d’exploitation compliquent davantage leur quotidien. La Corporation des associations des chauffeurs de la capitale a annoncé un arrêt de travail de deux jours, lundi 19 et mardi 20 octobre.
Dans ses revendications adressées au gouverneur de Kinshasa, elle réclame notamment des éclaircissements sur la destination des recettes de stationnement, l’aménagement des parkings et la révision des tarifs de transport. Pour Erick Manianga, président de Mopila ASBL, la situation est difficilement compréhensible. Il rappelle que les conducteurs, notamment les motards, paient cette taxe depuis 2020 sans bénéficier, selon lui, d’espaces de stationnement adaptés.
« Les chauffeurs de la ville de Kinshasa demandent où est passé cet argent », déclare-t-il, en réclamant davantage de transparence sur la gestion des fonds collectés. Le responsable déplore également l’absence d’arrêts aménagés, qu’il considère comme l’un des facteurs aggravant les embouteillages dans la capitale.
À cette question s’ajoute la hausse du coût d’exploitation des véhicules. Les chauffeurs demandent la convocation urgente de la commission tarifaire afin d’adapter les prix des courses à l’évolution des dépenses, notamment celles liées aux pièces de rechange et au versement journalier. Erick Manianga cite l’exemple du radiateur, dont le prix serait passé de 25 à 60 ou 70 dollars. Il dénonce également la longueur des embouteillages, qui réduit la rentabilité des courses et augmente les dépenses des conducteurs.
La contestation intervient alors que le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke, avait accusé ses prédécesseurs de ne pas avoir reversé à l’État les recettes issues de la taxe de stationnement. Il avait également annoncé la résiliation de contrats conclus avec certaines sociétés chargées de sa collecte. Malgré ces annonces, les chauffeurs continuent de réclamer des explications et des infrastructures concrètes.
Ils espèrent que cette grève contraindra les autorités nationales et provinciales à apporter des réponses à leurs préoccupations. Au-delà de l’arrêt de travail annoncé, le bras de fer pose une question centrale : que deviennent les recettes prélevées auprès des conducteurs, alors que les problèmes de stationnement et de circulation restent entiers à Kinshasa ?
La rédaction de b-onetv.cd


