La menace d’une paralysie du transport en commun n’a finalement pas paralysé Kinshasa. Ce lundi 19 octobre, le mot d’ordre de grève lancé par la Corporation des associations des chauffeurs de Kinshasa (CACK) a été diversement suivi, tandis que le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke Wa Domene, a annoncé la suspension de Mopila ASBL, dirigée par Eric Manianga.
Dans le centre-ville, plusieurs taximen ont poursuivi normalement leurs activités, notamment sur le boulevard du 30 Juin. À Tshangu, en revanche, la matinée a été plus tendue, certains chauffeurs ayant gardé leurs véhicules au parking. La situation est toutefois revenue à la normale au cours de la journée. En parallèle, Jésus-Noël Sheke a précisé que Mopila ASBL ne dispose d’aucun agrément délivré par les services compétents.
L’association ne serait donc plus habilitée à représenter les chauffeurs auprès des autorités ni à se prévaloir du statut de partenaire de la ville dans le secteur des transports. Le ministre rappelle que seules les structures régulièrement reconnues peuvent défendre les intérêts des professionnels. Cette décision intervient dans un climat de contestation autour des conditions de travail des chauffeurs.
La CACK réclame notamment des éclaircissements sur les recettes de la taxe de stationnement perçue depuis 2020, l’achèvement des parkings annoncés, la révision des tarifs du transport en commun et des mesures concrètes contre les embouteillages. Elle plaide également pour une meilleure réglementation des versements journaliers imposés aux conducteurs et une amélioration des conditions de travail des chauffeurs VTC.
Le ministre affirme avoir engagé, depuis le samedi 17 octobre, un dialogue avec les parties concernées afin d’examiner leurs revendications. Il appelle les transporteurs à poursuivre normalement leurs activités et met en garde contre toute perturbation de l’ordre public, diffusion de fausses informations ou usurpation de qualité, passible de sanctions administratives et légales.
Au-delà de la grève, l’enjeu reste celui d’une mobilité urbaine sous pression. Entre revendications professionnelles, contrôles routiers engagés depuis le 15 octobre et attentes des usagers, les autorités provinciales sont désormais attendues sur des réponses concrètes et durables.
La rédaction de b-onetv.cd


