Les accidents de transport se succèdent en République démocratique du Congo, ravivant les inquiétudes sur la sécurité des usagers et l’état des infrastructures. Invité au Sénat, vendredi 16 octobre 2026, pour s’expliquer sur cette situation préoccupante, le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a mis en avant des « déficits historiques » qui fragilisent les secteurs maritime, aérien, ferroviaire et routier.
Devant les sénateurs, le patron des Transports a notamment pointé la vétusté des infrastructures, l’insuffisance de leur entretien, le manque d’équipements de sécurité ainsi que la faible interconnexion entre les différents modes de transport. Autant de difficultés structurelles qui, selon lui, compliquent les efforts visant à améliorer la sécurité et la qualité des services de transport dans le pays.
Depuis sa prise de fonctions en juin 2024, Jean-Pierre Bemba affirme avoir engagé des actions axées sur la modernisation du secteur, le renforcement de la prévention et la digitalisation des services. Le programme gouvernemental 2024-2028 prévoit également la construction et la réhabilitation des infrastructures, avec l’ambition de rendre les déplacements plus sûrs et plus efficaces.
Mais au-delà des explications et des engagements annoncés, la persistance des accidents pose la question de leur traduction concrète sur le terrain. Pour les usagers, la priorité demeure la sécurisation des déplacements, l’amélioration des équipements et le contrôle rigoureux du respect des normes de sécurité.
Cette exigence est d’autant plus pressante que le crash survenu à Kenge continue d’alourdir le bilan humain. Le bilan officiel est désormais de 17 morts. La boîte noire de l’appareil a été retrouvée puis transférée à Kinshasa afin de contribuer aux investigations. Les enquêteurs examinent plusieurs pistes, notamment l’état technique de l’avion, les conditions météorologiques, le facteur humain et les circonstances du vol. À ce stade, aucune cause définitive n’a été officiellement établie.
Ce drame remet une nouvelle fois au premier plan les défis auxquels est confronté le système de transport congolais. Si les déficits hérités du passé constituent une explication aux difficultés actuelles, ils renforcent aussi l’urgence d’apporter des réponses durables. Car, dans un pays où les transports sont indispensables à la mobilité des personnes et au développement économique, la sécurité ne peut rester une simple ambition inscrite dans les programmes : elle doit devenir une réalité pour chaque usager.
La rédaction de b-onetv.cd


