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RDC : à Rome, la C64 met Tshisekedi et Kabila face à leurs responsabilités constitutionnelles

11 secondes ago
in Politique
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RDC : à Rome, la C64 met Tshisekedi et Kabila face à leurs responsabilités constitutionnelles
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Rome devient ainsi le théâtre d’une nouvelle initiative politique congolaise. Réunis depuis lundi, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo Mapon, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund affichent leur volonté de contribuer à l’organisation d’un dialogue national inclusif, susceptible de répondre à la crise politique, sécuritaire et humanitaire qui secoue le pays.

Dans leur déclaration finale, les cinq figures de l’opposition annoncent vouloir rencontrer séparément le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila. L’objectif affiché est de favoriser une solution congolaise à la crise. Toutefois, aucun calendrier n’a été communiqué et rien n’indique, à ce stade, que les deux personnalités ont accepté ces rencontres.

Au cœur de la démarche de la C64 se trouve la défense de l’ordre constitutionnel. La coalition condamne aussi bien toute tentative de prolongation du pouvoir en dehors des limites constitutionnelles que la conquête du pouvoir par les armes. Sans nommer directement Joseph Kabila dans sa dénonciation du recours aux armes, elle entend faire de cette exigence un principe applicable à tous les acteurs politiques.

La plateforme rejette notamment toute modification de la Constitution visant à ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel ou à reporter les élections prévues en 2028. L’adoption, le 23 octobre, par l’Assemblée nationale du texte fixant les conditions d’organisation du référendum ravive, à cet égard, les inquiétudes de l’opposition.

Pour la C64, aucune initiative législative ne saurait servir à contourner les dispositions verrouillées de l’article 220 de la Constitution, notamment celles relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels. La coalition rappelle ainsi que la Constitution ne relève pas d’un choix politique circonstanciel, mais d’une obligation juridique qui s’impose à tous.

Pour la C64, le dialogue national ne peut réussir sans un consensus préalable sur ses règles du jeu. Son objet, sa composition, sa facilitation, ses modalités de fonctionnement et le suivi de ses conclusions doivent, selon elle, faire l’objet d’une concertation entre les parties prenantes. La plateforme plaide également pour la relance de la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo, avec l’implication des Églises catholique et protestante.

Elle souhaite, par ailleurs, que les questions de gouvernance abordées dans les six protocoles additionnels du processus de Doha soient intégrées aux discussions nationales. Mais l’ambition politique devra se traduire par des résultats concrets. La C64 attend notamment des avancées vérifiables sur le cessez-le-feu, la protection des civils et l’accès humanitaire, dans un contexte où l’insécurité continue de peser lourdement sur les populations de l’Est du pays.

La démarche portée depuis Rome comporte également un volet politique et judiciaire. La coalition réclame la libération des personnes qu’elle considère comme arbitrairement détenues, notamment Prince Epenge, ainsi que le retour des Congolais contraints à l’exil.
Elle demande aussi une enquête indépendante sur les violations dénoncées lors des manifestations des 12 juin et 15 septembre, ainsi que sur la mort de Manassé Lomboto, qu’elle qualifie d’assassinat.

En parallèle, les cinq responsables annoncent leur intention de sensibiliser les partenaires internationaux de la RDC à la nécessité d’une solution négociée. En se disant prête à échanger avec Félix Tshisekedi comme avec Joseph Kabila, la C64 tente de défendre une voie médiane entre la conservation du pouvoir en dehors des règles constitutionnelles et sa conquête par la force. Reste désormais à savoir si cette initiative trouvera un écho auprès des principaux acteurs concernés.

Car au-delà des déclarations, le défi est de transformer l’appel au dialogue en un processus crédible, inclusif et assorti de garanties. Dans une RDC confrontée à des tensions politiques persistantes et à une crise sécuritaire majeure, Rome pourrait ouvrir une nouvelle séquence de concertation. Mais son aboutissement dépendra moins des intentions affichées que de la volonté réelle des protagonistes de s’accorder sur les règles constitutionnelles et l’avenir démocratique du pays.

Junior Kulele

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