Parfois, une piste d’atterrissage devient bien plus qu’une infrastructure. À Goma, elle est aujourd’hui une ligne de vie. Et son silence inquiète. Depuis la tribune du Conseil de sécurité des Nations unies, la cheffe de la MONUSCO, Vivian van de Perre, a lancé un appel pressant : rouvrir l’aéroport de Goma.
Un plaidoyer qui dépasse la simple question logistique pour toucher au cœur même de la crise humanitaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Car dans une région marquée par les violences persistantes, la fermeture de cette infrastructure stratégique complique considérablement l’acheminement de l’aide humanitaire, le déploiement des équipes de secours et l’évacuation des blessés. Elle isole davantage une ville déjà sous pression.
Pour la responsable onusienne, la réouverture de cet aéroport est une nécessité immédiate. Elle conditionne non seulement l’efficacité de la réponse humanitaire, mais aussi la capacité de la communauté internationale à rester engagée aux côtés des populations civiles. Dans son intervention, Vivian van de Perre a insisté sur l’urgence d’agir face à une situation qui ne cesse de se dégrader. Entre déplacements massifs de populations, insécurité persistante et accès limité aux zones affectées, chaque contrainte logistique devient un facteur aggravant.
Au-delà de l’appel technique, c’est un signal politique qui est envoyé. Celui d’une communauté internationale appelée à lever les obstacles, à garantir l’accès humanitaire et à protéger les civils pris au piège du conflit. À Goma, rouvrir un aéroport, c’est rouvrir une voie d’espoir. Une brèche dans l’isolement. Une chance de reconnecter une ville meurtrie au reste du monde.
JK


