À New York, les crises sécuritaire et sanitaire qui frappent la République démocratique du Congo se sont invitées au cœur des échanges entre les Nations unies et le gouvernement congolais. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est entretenu avec la Première ministre Judith Suminwa Tuluka sur les efforts engagés pour mettre fin au conflit dans l’Est du pays, mais aussi sur la riposte contre la maladie à virus Ebola.
La rencontre s’est tenue samedi 26 septembre, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, durant la Semaine de haut niveau qui se déroule du 22 au 28 septembre à New York. Plus de 130 chefs d’État et de gouvernement participent à cette séquence diplomatique consacrée notamment au thème : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous ».
Selon le compte rendu communiqué par Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres et Judith Suminwa ont principalement échangé sur la situation sécuritaire en RDC et sur les « efforts de paix en cours pour résoudre le conflit dans l’Est de la RDC ».
Le Secrétaire général de l’ONU a réaffirmé la disponibilité des Nations unies à soutenir les initiatives destinées à favoriser la paix et la stabilité dans le pays. Cet accompagnement doit notamment passer par la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).
Cette rencontre intervient alors que les affrontements et les tensions restent persistants dans l’Est de la RDC, malgré les différentes initiatives diplomatiques engagées ces derniers mois. La signature de l’accord de Washington, sous l’égide des États-Unis, ainsi que celle de l’accord-cadre dans le cadre du processus de Doha, sous médiation du Qatar, n’ont pas encore permis de faire disparaître les divergences entre les différentes parties.
Sur le terrain, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les désaccords sur l’interprétation et la mise en œuvre des engagements pris par les parties continuent de compliquer le processus. Les populations civiles restent directement exposées aux conséquences des violences et aux déplacements forcés.
Ebola également au cœur des échanges
La situation sanitaire a également occupé une place importante dans les discussions. La RDC fait actuellement face à sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola. Devant l’Assemblée générale de l’ONU, Judith Suminwa avait rappelé l’expérience acquise par la RDC au fil des précédentes flambées d’Ebola. Pour la cheffe du gouvernement, cette expertise constitue un atout dans la conduite de la riposte actuelle, alors que la mobilisation des autorités congolaises et l’appui des partenaires internationaux se poursuivent.
António Guterres a, de son côté, salué la coopération entre la RDC et les Nations unies dans la lutte contre l’épidémie. Cette dimension sanitaire vient ainsi s’ajouter aux préoccupations sécuritaires déjà au centre des échanges entre Kinshasa et ses partenaires internationaux.
Des mécanismes de vérification pour restaurer la confiance
Sur le volet sécuritaire, les mécanismes de vérification du cessez-le-feu se poursuivent dans l’Est du pays. Une première mission avait été déployée à Minembwe, dans le Sud-Kivu, du 24 au 25 août, dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+).
Une deuxième mission s’est rendue à Masisi, dans le Nord-Kivu, du 10 au 12 septembre. Ces déploiements s’inscrivent dans le cadre du processus de Doha consacré à la gestion de la crise entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23).
La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a salué ces missions, considérées comme une étape dans les efforts visant à instaurer davantage de confiance entre les parties et à favoriser une issue durable au conflit. Les résultats détaillés des vérifications n’ont toutefois pas été rendus publics. La CIRGL a annoncé la poursuite du déploiement de nouvelles équipes.
Dans ce dispositif, la MONUSCO conserve également un rôle d’appui. Conformément à la résolution 2808 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025, son mandat est prolongé jusqu’au 20 décembre 2026. La Mission est notamment autorisée à apporter un soutien logistique et technique à la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent et au mécanisme de vérification convenu dans le cadre du processus de Doha.
Entre diplomatie internationale, mécanismes de vérification et riposte sanitaire, les échanges entre António Guterres et Judith Suminwa illustrent ainsi la multiplicité des défis auxquels la RDC reste confrontée. À New York, Kinshasa cherche à maintenir le soutien de ses partenaires alors que, sur le terrain, les efforts de paix doivent encore composer avec la persistance des violences et que la réponse à Ebola demeure une autre urgence nationale.
La rédaction de b-onetv.cd


